Une visite d’une activité d’exploitation ‘artisanale’.

Nous sommes devant la barrière où sont  positionnés les militaires qui assurent la sécurité des installations d’une entreprise forestière « artisanale ».  « Halte ! D’où venez- vous et qui vous êtes ? »  C’est le militaire  armé qui pose  la question.  Pour toute réponse, le sourire d’un membre de  Greenpeace,  qui lui répond «  nous sommes venus vous voir ». «  Moi », demande le militaire? « Non, le responsable de cette entreprise rétorque t-il » Après quelques moments d’hésitation, l’accès est autorisé….

Le territoire de Bolobo, situé dans le District des Plateaux, Province de Bandundu, a une superficie de 3.500km² environ. Il regorge d’une importante biodiversité notamment le Bonobo, l’ Eléphant, le buffle,  etc.  Sa population  vit essentiellement de l’agriculture, la pêche,  la  chasse, etc. Les  infrastructures  sociales sont  dégradées, les routes  délabrées, l’accessibilité  n’est possible que  sur les routes privées aménagées.

Les forêts sont envahies par « des soi-disant exploitants forestiers artisanaux », qui coupent des arbres  à l’échelle industrielle.

Cette exploitation réservée aux hommes d’affaires congolais est  aujourd’hui devenue l’apanage des expatriés de tous bords- chinois, libanais, bulgare etc.…-qui opèrent en toute impunité et  avec la bénédiction des autorités congolaises.

Une situation chaotique qui inquiète dans la mesure où ces expatriés se comportent comme des maîtres sur un terrain conquis. Pire encore, ils bénéficient de la protection militaire, donc ils font partie des «  intouchables » hautement protégés. A cause de cette présence militaire, leurs concessions sont difficilement accessibles, et donc incontrôlables, même par les agents commis à cette tâche.

Comment avoir des informations sur l’exploitation artisanale avec cette intimidation militaire ?

Un membre de l’équipe tremblotant murmure  «  je n’ai jamais vécu  pareille situation depuis ma naissance… » quelques secondes de silence,  puis un autre membre de l’équipe renchérit  «  mon père m’a toujours dit qui ne risque rien n’a rien » Cette phrase venue à propos réconforte toute l’équipe.

Pendant que la forêt congolaise est systématique  pillée et détruite, les populations riveraines, elles, continuent à croupir dans la misère. Elles ne sont pas suffisamment informées sur leurs droits et  n’ont pas la capacité de négocier avec les exploitants «  artisanaux », qui ne réservent que de petits cadeaux au chef de terre. La forêt de  mon pays est bradée au prix d’une bicyclette !

Le gouvernement doit annuler tous les permis artisanaux utilisés pour des opérations d'exploitation forestière industrielle, car cette pratique illégale contourne le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles.

Il doit par contre s’investir dans la préservation de  la forêt pour notre peuple, notre biodiversité et notre climat.

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