La Rainforest Foundation UK (RFUK) se joint à d’autres ONG internationales pour dénoncer la levée imminente du moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions d’exploitation forestière en République Démocratique du Congo (RDC), après une lettre ouverte des ONG congolaises.

Une déclaration conjointe de RFUK, Greenpeace, Global Witness et d’autres organisations, publiée aujourd’hui lundi 7 avril, affirme que la levée du moratoire, qui est en place depuis 2002, tournerait en dérision les ambitions de la RDC de bénéficier de financements pour la protection des forêts, grâce aux mécanismes liés à la prévention des changements climatiques (connus sous le terme « REDD »).

Cela compromettrait aussi la portée d’un exercice de cartographie et de zonage de la forêt selon différents usages pour lequel d’importants fonds internationaux ont été engagés.

D’après cet déclaration, les conditions pour la levée du moratoire, posées par un décret signé du président de la RDC Joseph Kabila en 2005, n’ont pas été remplies. La plupart des concessions forestières industrielles existantes n’ont toujours pas de plans d’aménagement validés, ni de contrats sociaux (« clauses sociales des cahiers des charges ») négociés avec les communautés affectées. Après 12 ans de soi-disant réforme du secteur forestier, un décret pour l’allocation et la gestion de forêts communautaires n’a toujours pas été adopté, ce qui dénie aux communautés le droit de gérer leurs espaces traditionnels de forêt elles-mêmes.

Cet appel au gouvernement congolais de réaffirmer son intention de maintenir le moratoire fait suite à la publication par l’Institut royal pour les affaires internationales du Royaume-Uni (Chatham House) d’une nouvelle étude montrant que pratiquement toute l’exploitation du bois en RDC est illégale actuellement. Une autre étude récente monte que seulement une fraction des taxes payables par les compagnies d’exploitation forestières sont en fait collectées.

Selon Simon Counsell, Directeur général de la RFUK, le gouvernement congolais a maintenant une occasion unique de montrer sa détermination à emprunter un chemin différent des autres pays, par exemple le Cameroun qui est en train de perdre sa forêt à cause de l’exploitation industrielle du bois.

« On doit donner aux populations locales la possibilité pendre en charge leurs forêts et de les gérer pour leur propre bien-être », dit-il.

M. Counsell conclue que « lever le moratoire sur les nouvelles concessions forestières pourrait ouvrir les vannes à une vague de dégradation et de déforestation sur des dizaines de millions d’hectares de forêt équatoriale en RDC ».