L’affaire des autorisations de pêche accordées illégalement à des chalutiers étrangers s’est invitée dans les débats, lors de la passation de service entre l’ancien ministre de l’Economie maritime, Khouraichi Thiam, et son successeur Pape Diouf.

Dans son allocution, le désormais ex- controversé ministre de l’économie maritime soutient que « les gens ont raconté beaucoup de contrevérités sur l’octroi des licences de pêche alors que la pêche se porte à merveille au Sénégal».

«On parle de licence, mais ce ne sont en fait que des autorisations de pêche et c’est Abdoulaye Wade qui a donné l’autorisation de les faire. Et, tout cela s’est fait dans les règles fixées par la loi», a soutenu l’ex ministre de l’économie maritime.

Il a indiqué qu’en 2011, 12 bateaux étrangers étaient en activité au
Sénégal durant deux mois. Une opération qui a rapporté au trésor sénégalais la somme de 800 millions de FCFA. Alors que pour 2012, 24 chalutiers seraient présents dans les eaux sénégalaises et auraient rapporté déjà au trésor 1milliard 300 millions de FCFA.

Mais ce que le l’ex- ministre a oublié de préciser, c’est le nombre d’autorisations accordées en 2010 par  le même régime de Wade aux bateaux étrangers. En effet rien ne semble être dit sur cette période. Pourtant, lors de l’expédition de 2010 menée par Greenpeace dans les eaux sénégalaises, ces mêmes navires ont été rencontrés au Sénégal.

Alors, la question qu’on pose à monsieur Khouraichi est la suivante : depuis quand ces navires étrangers sont-ils dans les eaux senegalaises ? Mystère et boule de gomme !

Mieux, Khouraichi n’a pas fait état des annulations qu’il a faites récemment concernant des sanctions infligées à plusieurs navires arraisonnés par les autorités de la surveillance maritime,  pour activités illégales.

La réalité est que par le biais de Khouraichi Thiam, l’ancien régime de Wade a encouragé pendant des années, le pillage des ressources halieutiques en protégeant des intérêts personnels en lieu et place des intérêts collectifs.

Pour sa part, son successeur Pape Diouf a été très prudent dans sa réponse. «On ne travaille ni pour le ministre ni pour le Président de la République. On travaille pour le Sénégal et les Sénégalais. Que chacun le prenne pour son credo» a-t-il martelé.

« Je ne veux pas m’aventurer sur des choses que je ne maîtrise pas. Je viens de prendre service mais nous allons travailler pour clarifier les choses pour pouvoir faire avancer le Sénégal. S’il y a lieu de faire des audits, les audits seront faits», a ajouté le nouvel homme de la pêche au Sénégal.

Quoi qu’il en soit, Khouraichi doit impérativement payer de ses actes.