Une semaine après que les pêcheurs chiliens et Greenpeace ont énergiquement protesté contre le chalutier pélagique, Margiris, les pêcheurs mauritaniens et de toute l’Afrique de l’Ouest  élèvent, eux aussi, leurs voix contre les monstres des mers.

Dans une déclaration faite à Nouakchott, en Mauritanie, ils ont invité les gouvernants ouest-africains à ne plus autoriser l’accès à leurs pêcheries, à ce genre de navires qui vident les fonds marins du monde, spécialement ceux de l’Afrique de l’Ouest.

Il faut dire que le passage de Annelies Ilena (ex- Atlantic Dawn) dans les eaux mauritaniennes, il y a juste quelques semaines, a complètement anéanti les rêves de millions de pêcheurs de la région.

En une seule campagne, dans les eaux mauritaniennes, ce navire a pêché et congelé, dans ses immenses cales, près  de 7000 tonnes de poisson pélagiques. Assez pour nourrir plus de 291 000 Sénégalais (qui sont parmi les grands consommateurs de poisson en Afrique de l’ouest) pendant une année !

Dans ma carrière de Chargé de campagne océans à Greenpeace, j’ai eu la chance de sillonner les plages de pêcheurs de la Mauritanie au Ghana. Mais jamais un navire n´a suscité autant d´inquiétudes à la seule évocation de son nom.

Et je le comprends bien.  

Les impacts négatifs issus des activités d’un tel navire ne se limiteront pas en Mauritanie. Elles auront des répercussions énormes dans toute la région.

Ces inquiétudes sont d’autant plus grandes que les scientifiques ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la situation critique de ces stocks de petits pélagiques.

Depuis toujours, Greenpeace a mobilisé les pêcheurs et les acteurs de la société civile des quatre coins du globe pour barrer la route à ces montres.  

Aujourd’hui, je peux affirmer, sans risque de me tromper, qu’un mouvement mondial contre les destructeurs de la mer est en train de naitre. Un mouvement dont le seul et unique slogan est : "PAS ICI, NULLE PART AILLEURS !"