Nous sommes au quai de pêche de  Mbour, à 80 km de Dakar, sur la petite côte, l'un des plus importants du pays. Jour de pêche, il est 17 heures, Ndiaga Diop vient juste de débarquer après 8 heures passées en mer défiant les vagues et le mauvais temps. Le moral bas. Des filets presque vides. Le poisson autrefois disponible est maintenant devenu une denrée rare. Cette situation n'est pas un cas isolé. Preuve que nos océans sont en crise, menaçant la santé et le bien-être de milliards d’individus qui en dépendent1.

Il ne se passe pas un seul jour sans que de nouvelles études scientifiques ne tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de nos océans. Pollution, acidification, surpêche, l’exploration pétrolière offshore, changements climatiques, mauvaise gouvernance, constituent, entre autres, les défis dont font face nos océans2.

Les conséquences? Elles sont énormes et ont pour nom perte de la biodiversité marine, chômage et pauvreté croissante chez les communautés de pêcheurs. Près de 30% des stocks sont surexploités, 57% sont à la limite supérieure et seulement 13% ne sont pas pleinement exploités3.

Heureusement des solutions existent mais encore faut-il les appliquer. Des rencontres se tiennent tous les jours à travers le monde sur l'avenir des océans et de la planète en général4. Des initiatives naissent tous les jours un peu partout. Des cris de victoire s’élèvent de tous les coins pour magnifier des expériences qui marchent.

Néanmoins, la majorité des recommandations issues de ces réunions atterrissent dans les tiroirs, faute d'être mises en œuvre. Négligence, manque de volonté politique ou absence de considération pour les générations futures. Chacun y va de son commentaire au moment où les océans agonisent.

Les défis sont nombreux et divers mais des océans riches et sains sont bel et bien possibles.

Certes le chemin est encore long, mais nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Nous devons continuer à nous mobiliser pour défendre ce patrimoine commun. Nous devons continuer à mettre la pression sur nos dirigeants pour qu’ils cessent les paroles et passer à l’action. Il est nécessaire de revoir nos modes de consommation et de s’engager dans des gestes plus responsables.

Greenpeace Afrique mène campagne pour arrêter la surpêche et le pillage des ressources halieutiques dans les eaux ouest-africaines. Elle propose des alternatives viables à la surpêche et qui aideront à développer une industrie de pêche gérée et financée par les africains; à protéger les ressources et leurs habitats; à lutter contre la pauvreté; et à garantir la sécurité alimentaire aux générations actuelles et futures.

En attendant que les choses changent, Ndiaga s'est engagé dans la mobilisation des pêcheurs pour mettre la pression sur les autorités du pays afin qu'elles agissent et mettent fin à la surpêche et la pêche illégale qui détruisent les eaux sénégalaises.

(1)  COPACE, 20è session, Rabat , Maroc du 14 au 16 mars 2012. disponible dans: http://www.fao.org/docrep/meeting/024/an152f.pdf

(2) http://www.ipcc-wg2.gov/AR5/

(3) http://www.fao.org/docrep/016/i2727f/i2727f01.pdf

(4)http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/damanaki/headlines/press-releases/2014/03/20140314_en.htm