"Les chiens aboient, la caravane passe.” Telle est, en substance, la réponse de Casino Sénégal aux milliers de consommateurs appelant l’entreprise à cesser de vendre du «thiof» (mérou blanc) considéré aujourd’hui comme une espèce menacée. Mais jusqu’à quand Casino restera t-il sourd à cet appel ?

La situation des stocks de thiof, au Sénégal, est catastrophique : ce n’est un secret pour personne. Des étals des marchés aux confins des villages de pêcheurs, le constat est le même : le thiof se fait de plus en plus rare.   

Pire, depuis maintenant quelques décennies, les scientifiques ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. L’union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) a classé l’espèce, au Sénégal,  comme vulnérable sur sa liste rouge. En conclusion, le message est clair : si des mesures de gestion durable du thiof ne sont pas vite élaborées et mises en œuvre, l’espèce risque de disparaitre à jamais.

C’est donc dans ce contexte particulier que Greenpeace a lancé la campagne "Sauvons le thiof". Objectif : préserver l’espèce d’une éventuelle disparition à travers une mobilisation des consommateurs. Il s’agira également à travers cette campagne de renforcer la conscience collective sur la surpêche qui constitue l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur nos océans et sur les moyens de subsistance de millions de personnes. 

Le pari est osé. Pour la première fois, les consommateurs sénégalais sont appelés à participer  activement à une campagne qui vise à préserver une espèce en danger qui, de surcroit, est emblématique pour eux.

Le mépris de Casino

En consommateurs responsables, les Sénégalais (et des citoyens d’autres nationalités) ont favorablement répondu à l’appel de Greenpeace. Par milliers, ils ont signé la pétition demandant à Casino de se comporter en entreprise responsable. Leur message est le suivant : faire du profit en commercialisant une espèce menacée est inacceptable.  

Seulement, Casino Sénégal a décidé de ne pas entendre le cri du cœur des 5000 signataires de cette pétition. Deux arguments sont avancés par les responsables du groupe : (1) ils ne peuvent pas s’engager dans une affaire pour laquelle ils ignorent la position du gouvernement ; (2i) la quantité de «thiof» que l’enseigne commercialise ne représente pas une quantité significative selon eux; et (3) le nombre de 5000 citoyens signataires de la pétition de Greenpeace ne représente pas grand-chose à leurs yeux, vu la taille de leur clientèle. Ils ont donc choisi de les ignorer.

Nous voulons rappeler aux responsables de Casino Sénégal que tous les changements sociaux qui ont révolutionné le monde ont été portés par les peuples. Ainsi, les différents acteurs sociaux, entreprises, citoyens, ont un rôle important à jouer et Casino devrait s’honorer de prendre ses responsabilités même si le gouvernement n’a pas encore agi. D’autant que l'investissement du Groupe en faveur de la biodiversité est rappelé dans la charte éthique à travers l'engagement No 8 (participer à la préservation de la  biodiversité).

Par ailleurs, avancer que la quantité soi-disant insignifiante de "thiof" commercialisée par le groupe Casino, comparée au millier de tonnes qui est annuellement exporté, ne lui donne aucun rôle dans ce massacre est un aveu d’irresponsabilité. Cette attitude est à comparer avec celle des structures comme le groupe Pullman, Lagon I et Croix du Sud qui ont déjà favorablement accueilli la demande de Greenpeace pour un arrêt de la commercialisation du "thiof", le temps que les stocks se reconstituent.

Enfin, vouloir minimiser l’appel de 5000 individus semble tout bonnement suicidaire pour une enseigne comme Casino dont l’image et la notoriété pourraient sérieusement pâtir parmi les Sénégalais et au-delà.

Pour ces milliers de signataires et tous ceux qui sont sensibles à cette question de la préservation du "thiof" sénégalais, l’heure est venue de montrer au groupe Casino Sénégal qu’il faut se méfier des chiens qui aboient, qu’ils pourraient bien mordre et que la caravane ne passera pas comme ça !                              

Vous aussi, rejoignez l’appel de Greenpeace et de milliers d’autres individus pour la préservation du «thiof» sénégalais en signant la pétition ici >> http://www.greenpeaceafrica.org/thiof/