Herakles Farms est à nouveau en difficulté. Après des mois de tourment pour la société américaine – y compris une décision provisoire de suspension par le gouvernement camerounais , la confirmation que l'entreprise n'a pas réussi à obtenir le Consentement Libre, Informé et Préalable ( CLIP ) des communautés affectées , et la révélation que la forêt qu'elle a l'intention d'abattre est le foyer de primates rares – de nouvelles preuves suggèrent que l'entreprise exploite du bois illégalement.

Il n'y a pas un, mais deux aspects à cette illégalité. Tout d'abord, une récente recherche sur le terrain effectuée par Greenpeace recueilli des preuves selon lesquelles Herakles Farms a continué à exploiter les forêts pendant la période de suspension imposée par le gouvernement camerounais il y a quelques mois, alors que l'arrêt de tous les travaux avait été ordonné. Herakles Farms a annoncé avoir cessé toutes ses opérations dans un communiqué de presse le 18 mai, et la suspension a été levée le 29 mai. Cependant, comme en témoignent les photos ci-dessous, des grumes empilées dans la concession sont marquées à la date du « 22 mai » ce qui suggère qu'elles ont été abattues alors que l'ordre d'arrêt des activités était encore en place. Il est donc très ironique que le communiqué de presse annonçant la suspension ai également déclaré que l'entreprise « a toujours été et sera pleinement conforme et de manière transparente aux réglementations gouvernementales en vigueur».

Deuxièmement, le défrichage et la coupe de bois s'opèrent à grande échelle dans la concession et les grumes sont marquées d'une manière qui indique clairement qu'elles sont destinées à la Vente commerciale. Herakles Farms n'est cependant pas autorisée à opérer comme exploitant commercial ou négociant de bois au Cameroun. Le PDG de la société, Bruce Wrobel, a déclaré lui-même dans une lettre ouverte en Septembre 2012:

«Nous avons cédé le bois au gouvernement et avons pris un taux plus faible de location car nous ne sommes pas des exploitants commerciaux ... Ce sera ... une valeur ajoutée énorme pour les revenus forestiers du gouvernement. »

Malgré cette déclaration publique, des documents internes de l'entreprise révélés dans un rapport conjoint de Greenpeace International et de l'Institut Oakland en mai 2013, ont estimé que la vente de ce bois pourrait fournir à l'entreprise des revenus compris entre 60 et 90 millions de dollars américains au cours des sept prochaines années.

Des préoccupations avaient déjà été soulevées à la suite d'une mission effectuée sur le terrain par le Ministère camerounais des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l'Observateur Indépendant financé par l'Union Européenne en mai 2012. Le rapport a constaté qu'Herakles Farms « était responsable de graves violations de la loi nationale sur le bois, y compris le défrichage sans autorisation à l'intérieur du domaine forestier permanent (UFA 11-007). »

Cette preuve concluante de l'exploitation forestière illégale par Herakles Farms menace de saper le processus de mise en œuvre de l' Accord de Partenariat Volontaire (APV ) dans le cadre du processus de renforcement de l'application des réglementations forestières , de la gouvernance et des échanges commerciaux (FLEGT) entre le gouvernement camerounais et l'Union européenne . L'APV est destiné à promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre l'exploitation forestière illégale dans le secteur forestier camerounais.

Herakles Farms est donc un test important pour l'UE et la crédibilité du processus APV-FLEGT. Greenpeace demande à l'UE d'agir rapidement, d'exhorter les autorités camerounaises à promouvoir la gestion durable des ressources forestières et de garantir les droits des communautés locales. Si le projet Herakles Farms est autorisé à continuer, les forêts camerounaises et les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent seront menacées - tout comme la crédibilité du processus APV- FLEGT