Les images sont sans appel: quatre géants chalutiers pélagiques en train de transborder des tonnes de poisson vers des navires glaciers. La scène se déroule en rade du port de Dakar, juste au large de l’île de Gorée. Et pourtant…

jeudi 5 avril 2012 OLEG NAYDENOV, russian fishing trawler boat transhipping frozen fish on BRAZILIAN LADY, reefer from BELIZE CITY, off the coast of Dakar

Le navire Oleg Naydenov et le frigorifique Barzilian Lady en pleine opération de transbordement. Chaque année des millions de tonnes de poisson sont ainsi sorties du Sénégal. Laissant les pêcheurs artisans et les consommateurs sénégalais dans la misère et le désarroi.

Alors  que les consommateurs et pêcheurs artisans sénégalais ne cessent de se plaindre de la rareté du poisson, d’énormes bateaux le font sortir du pays pour alimenter les marchés étrangers.

Ces navires, dotés d’une énorme capacité de pêche (250 tonnes par jour), bénéficient d’autorisations "spéciales" pour piller les ressources halieutiques du pays. Les pêcheurs artisans n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Parmi ces derniers figurent le chalutier pélagique russe, Oleg Naydenov. Un navire multirécidiviste appréhendé à plusieurs reprises par les services de la surveillance maritime pour délit de pêche illégale.

Le dernier en date remonte au 27 février lorsque le navire de Greenpeace, Arctic Sunrise, l’avait surpris en flagrant délit de pêche illégale en zone centre avec toutes ces marques d’identification masquées.

Le cas Oleg a fait couler beaucoup d’encre au Sénégal et dans le monde. A tel point que le ministère russe de la pêche a fait une déclaration publique, essayant, bien entendu, de dédommager le navire. Quant à Greenpeace internationale, elle a décidé  de mettre Oleg sur sa liste noire des navires INN. Une grande bataille venait d’êtres gagnée. 

 Il s’en était ensuivi une procédure d’arraisonnement du navire avec une amende de 30 000 000 de F CFA à payer. Mieux, la commission consultative sur la pêche avait tout bonnement demandé le retrait pur et simple de sa licence. Que nenni !  

Jouissant d’une protection auprès de l’ancien ministre de l’Economie maritime, Khoureichi Thiam, le navire a pu reprendre ses activités et continuer à piller les eaux sénégalaises au vu et au su de tous. Quelle honte !

 

L’espoir est permis

Fraichement arrivé au pouvoir, le Président Maky Sall a annoncé les couleurs de ce que va être, désormais, la gestion des ressources halieutiques dans ce pays où, faut-il le rappeler, 1 personne sur 6 dépend de la pêche.

Dans son discours adressé à la nation à l’occasion de la célébration de la 52ème   fête de l’indépendance, il a ouvertement condamné l’octroi illégal des licences de pêche aux chalutiers étrangers avant de donner des engagements fermes sur ce phénomène.

Déjà, lors de sa dernière conférence de presse, il avait fait mention de sa volonté d’assainir le secteur de la pêche après qu’une équipe de Greenpeace l’avait rencontré et s’était entretue avec lui sur la question.

Avec ces différentes positions  du nouvel homme du pays, l’espoir est peut-être permis pour les millions de Sénégalais qui dépendent des ressources halieutiques pour leur emplois et la sécurité alimentaire.

Monsieur le Président, comme vous l’avez si bien dit : "il y a une urgence dans le secteur de la pêche". Alors un seul conseil: Agissez maintenant!      

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