Après le retrait des bateaux de la PFA (Association des Navires Pélagiques Congélateurs) des eaux mauritaniennes il y a environ une semaine, c’est au tour du gouvernement sénégalais de décider de l’annulation de toutes les autorisations de pêche qui étaient allouées à des chalutiers pélagiques étrangers opérant dans ses eaux.

Cette décision vient à point nommé et constitue un énorme pas de franchi dans la lutte contre la surpêche par les bateaux étrangers au Sénégal, en particulier, et dans toute la région ouest-africaine, en général où intervient ce genre de navires.

Depuis près d’un an Greenpeace a mené une campagne dense et bien structurée pour l’annulation, par le gouvernement sénégalais, de ces autorisations de pêche. En outre, celles-ci qui, en plus de ne reposer sur aucune base légale, constituaient une grave menace pour les moyens de subsistances de millions de Sénégalais qui dépendent des ressources pélagiques pour leur emplois et leur sécurité alimentaire.

Organisation d’une caravane intitulée «Ma voix, mon futur », marche aux côtes des acteurs du secteur de la pêche, lancement d’une pétition en ligne, rencontre avec les hommes politiques, organisation d’une expédition pour exposer et documenter la surpêche dans les eaux sénégalaises  ont été entre autres les nombreuses actions initiées par Greenpeace pour arriver à ce résultat.    

Ainsi, c’est toute une stratégie et une collaboration entre différents bureaux NROs de Greenpeace qui a permis d’atteindre cet objectif majeur de sa campagne Océans en Afrique de l’Ouest.

Après une rencontre avec l’équipe de Greenpeace, le président Macky Sall, alors candidat à l’élection présidentielle du Sénégal, avait publiquement déclaré qu’il prendrait acte, une fois élu, pour mettre fin au pillage des eaux sénégalaises par les bateaux étrangers. Il vient donc de tenir sa promesse.

Mais avec cette décision, c’est surtout l’espoir qui renait. L’espoir de voir apparaitre une nouvelle génération d’hommes politiques. Des hommes politiques mettant en avant l’intérêt collectif plutôt que les intérêts personnels.

Des hommes politiques qui agissent plutôt que d’être des spectateurs de la spoliation des richesses de l’Afrique. Car, les eaux ouest-africaines restent une zone privilégiée pour les navires étrangers qui les vident de toute forme de vie avec très souvent la complicité de certains dirigeants.

L’exemple du Sénégal doit faire tache d’huile dans la sous-région. Il doit rappeler aux dirigeants qu’avec de la volonté politique et du courage, ils peuvent changer le cours des choses et orienter l’avenir de leurs  peuples vers de meilleurs cieux. Pape Diouf, actuel Ministre sénégalais de la Pêche et des Affaires maritimes nous l'a certifié lors de l'audience qu'il a accordé à Greenpeace ce 2 mai.