Cameroun : Herakles Farms détruit la forêt et les habitants

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Feature Story - novembre 26, 2012
Herakles persiste et signe : l’entreprise américaine avance dans les travaux d’installation de sa future palmeraie.

Ces images aériennes prises par Greenpeace début novembre mettent en évidence le déboisement de la zone de concession, jusque-là constituée de forêts denses, mis en œuvre par la SG Sustainable Oils Cameroon (SGSOC) filiale locale de l’entreprise Herakles farms dont le siège social est à New York. On peut observer les opérations de déforestation, ainsi que la pépinière, cette zone où sont déposées les pousses de palmiers.

 

Ces activités de déforestation ont lieu alors que le bail foncier de 99 ans dont dispose la SGSOC n’a pas encore été approuvé par décret présidentiel !! Elles sont donc contestables au regard du droit camerounais. Le projet, s’il est poursuivi, s’étendra sur 73 000 hectares de forêts, berceau d’une biodiversité exceptionnelle et surtout lieu de vie de milliers d’habitants, d’agriculteurs.

Un climat social qui se tend

Bien que l’entreprise affirme que la plantation favorisera le développement économique et social de la région, l’opposition locale et internationale ne cesse de s’intensifier et la déforestation en cours risque d’aggraver les conflits sociaux qui se sont cristallisés autour du projet.

Des agriculteurs locaux et des villageois s’opposent au projet qui doit se développer sur leurs terres.. Et en parallèle, le mécontentement grandit chez les employés de la SGSOC concernant leurs salaires et leurs conditions de travail.

Et des pressions policières inquiétantes

La semaine dernière, des personnes qui se sont opposées au projet ont été harcelées par la police camerounaise.
Les médias ont relayé, le 14 novembre dernier, l’arrestation de Nasako Besingi, directeur de Struggle to Economize Future Environment (SEFE), une ONG locale qui milite de façon pacifique contre le projet d’Herakles Farms.
Lui, ainsi que cinq de ses collègues ont été arrêtés et placés en détention, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Les conditions de détentions qui nous ont été décrites sont choquantes : une cellule de 1,5 m² pour 12 personnes. Sans lumière pendant 24h. Sans toilettes. Une détention qui a duré 48 longues heures…

Ils ont tous été remis en liberté après que de nombreuses voix se soient élevées au niveau local et international.

Greenpeace demande au gouvernement camerounais de mettre fin à la déforestation et au projet de Herakles Farms, ainsi que d’instaurer des normes pour l’allocation de terre et le développement de l’huile de palme au Cameroun de façon à prévenir les conflits sociaux, l’anéantissement des moyens de subsistance des Camerounais et la destruction de leurs forêts.