"Faire de la Gestion des Pêcheries une Priorité!"

6000 Sénégalais interpellent leurs futurs décideurs

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Feature Story - janvier 30, 2012
Greenpeace a demandé aux pêcheurs artisans du Sénégal leurs attentes des futurs dirigeants du pays. Leur réponse fut unanime. Un cri de cœur : «Faire de la pêche durable, une priorité!"

Le 14 janvier, Greenpeace a lancé, à Ziguinchor en Casamance, la caravane "ma voix, mon avenir" qui a sillonné les principales villes et villages de pêcheurs du Sénégal. Durant cette caravane, 6000 personnes ont lancé un appel solennel à leurs futurs dirigeants pour ces derniers fassent de la gestion durable des pêcheries une priorité.

La pêche est un secteur vital pour les Sénégalais. Elle fournit revenus et protéines à toute une population. Près d'un million de personnes, y compris pêcheurs, transformateurs, mareyeurs, transporteurs, entre autres, exercent un emploi direct ou indirect lié à la pêche. Mieux, les ressources halieutiques couvrent à hauteur de 70% les besoins en protéines animales des Sénégalais chez qui la consommation annuelle de poisson par individu est estimée à 28kg.    

Malgré l'importance de la pêche, le secteur n'a jamais fait l’objet de politiques encourageant la conservation et la protection des intérêts des communautés de pêcheurs artisans", a déclaré Raoul Monsembula, chargé de campagnes océans à Greenpeace Afrique.

Ce manque de volonté politique se  traduit par la délivrance d’autorisations et de piller à des flottes étrangères qui vident les eaux sénégalaises de leurs ressources pour les marchés européens et asiatiques, mettant ainsi les pécheurs locaux dans une situation de précarité sans précédant.

Une situation d’autant plus alarmante qu’elle persiste avec, très souvent, la complicité de fonctionnaires peu scrupuleux.  

A quelques semaines de la prochaine élection présidentielle, notre caravane a été une occasion pour rencontrer les communautés de pêcheurs afin d’échanger sur les menaces qui pèsent sur le secteur de la pêche. Partout où nous sommes passés, le message a été le même : «Pour mériter nos voix, les futurs dirigeants devront nous fournir des garanties quant à leurs politiques de pêche.»

Pour illustrer ce message, nous avons demandé à aux personnes rencontrées durant notre périple de cinq jours, d’apposer l’empreinte de leurs mains sur une banderole géante en guise de soutient à notre appel pour une pêche durable au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. 

Nous comptions recueillir 3000 empreintes. Nous en avons finalement eus, après neuf localités, 6000!

Désireux de faire entendre leur voix, les communautés de pêcheurs ont répondu, depuis tous les coins du Sénégal, à notre appel. Pour montrer leur détermination, certains ont pagayé sur plus de 6 km. «Pour la première fois, les pêcheurs du Sénégal ont pris conscience de leurs rôles et responsabilités devant les politiciens. Nous ne voulions, pour rien au monde, rater un tel événement», explique Maman Aminata.

"Il est grand temps que les gouvernants fassent de la pêche durable une priorité. Ceci, pas seulement pour la survie du secteur de la pêche, mais aussi pour le bien-être des générations actuelles et futures», a déclaré Monsembula.

Greenpeace et les pêcheurs artisans invitent les candidats à l’élection présidentielle à cesser la délivrance des autorisations de pêche aux navires étrangers et à soutenir la pêche locale, une fois qu’ils sont élus.