Greenpeace Dénonce la Pêche Illégale

Militants exposent des navires de pêche illégale

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Feature Story - février 25, 2012
Greenpeace a surpris un chalutier russe en flagrant délit de pêche illégale dans les eaux sous juridiction sénégalaises. Les activistes de Greenpeace ont peint le mot « Pillage» sur la coque de ce navire, exemplaire du pillage des eaux ouest-africaine par la flotte industrielle étrangère.

Greenpeace and Senegalese Fishermen Tackle Overfishing

Des activistes de Greenpeace en train de peindre le mot « Pillage!» sur la coque d'un chalutier russe, le "Oleg Naydenov“. Ce bateau est exemple du pillage des eaux ouest-africaines par la flotte industrielle étrangère. 02/24/2012 © Pierre Gleizes / Greenpeace

 

Ce chalutier géant, le "Oleg Naydenov", était en train de pêcher dans une zone où la loi sénégalaise n’autorise pas ce type de pêche, tout en masquant son nom et en gardant éteint son système d’identification automatique (AIS), pratiques également interdites.

Avec ses 120 mètres de long, le navire-usine « Oleg Naydenov » est typique de la flotte industrielle, principalement russe, européenne ou asiatique, qui hante les côtes ouest-africaines. En vertu de la loi en vigueur, un tel chalutier ne peut en aucun cas être autorisé à pêcher dans cette zone des eaux sous juridiction sénégalaise (située juste au nord de la frontière sénégalo-gambienne).

Activists 'unmask' trawler fishing illegally

En cachant leur nom sous d’épaisses bâches et en gardant éteint leur système d’identification automatique -- pratiques prohibées -- ces chalutiers tentent d’échapper à toute possibilité de sanction. 02/24/2012 © Pierre Gleizes / Greenpeace

 

En cachant leur nom sous d’épaisses bâches et en gardant éteint leur système d’identification automatique -- pratiques prohibées -- ces chalutiers tentent d’échapper à toute possibilité de sanction. 

La capacité de capture de ces navires-usines est considérable : avec leurs chaluts de plusieurs centaines de mètres de long, s’ouvrant sur cinquante mètres de large, ils peuvent pêcher jusqu’à 250 tonnes par jour, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 9 000 personnes au Sénégal.

“En plus de piller nos eaux, ces chalutiers montrent toute l’étendue de leur mépris à l’égard de la législation nationale », s’insurge Raoul Monsembula, chargé de campagne Océans à Greenpeace Afrique. 

Les dernières estimations montrent que la surexploitation des espèces ciblées par ces chalutiers, telles que la sardinelle et le chinchard, menace le renouvellement des stocks. Les scientifiques ont recommandé une réduction immédiate de l’effort de pêche sur ces espèces, notamment dans les eaux sénégalaises.

« Si les autorités sénégalaises ne se décident pas à mettre un terme à ce pillage des nos eaux par la flotte étrangère, nos ressources halieutiques vont s’effondrer, et avec elle le secteur de la pêche artisanale qui fait vivre tant de familles au Sénégal », avertit Raoul Monsembula.

Greenpeace demande à tous les candidats aux élections présidentielles du Sénégal de s’engager à suspendre sans délai les autorisations de pêche allouées aux chalutiers pélagiques étrangers, et à adopter un moratoire sur toute nouvelle autorisation. Les autorités sénégalaises compétentes doivent également poursuivre juridiquement et sanctionner les sociétés liées à la pêche illégale.

“Greenpeace fait campagne pour la mise en œuvre d’une politique des pêches durable et à faible impact, plaçant au centre de ses préoccupations les besoins et les intérêts de la pêche artisanale et des communautés qui dépendent du bon état des océans’, conclut Monsembula.

Le bateau de Greenpeace sillonnera les eaux sénégalaises pendant quelques jours pour y documenter et exposer les activités de la pêche industrielle étrangère.