Impliquer le parlement dans la protection des océans

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Feature Story - octobre 7, 2013
Atelier de sensibilisation des parlementaires sénégalais sur la gestion durable des ressources halieutiques.

En réaction à la pression des chalutiers de pêche étrangers qui pèse sur la population, Greenpeace a organisé un atelier avec les parlementaires sénégalais pour discuter de la gravité de la situation - et comment y faire face.

La pêche joue un rôle crucial dans l'économie sénégalaise. Le secteur contribue à hauteur 2,5% du PIB national et génère environ 600.000 emplois directs et indirects.

L'océan représente également le grenier du Sénégal. En moyenne, les Sénégalais consomment 26kgs de poissons par an, et font partie des plus grands consommateurs de poisson de la région. Les produits halieutiques sont également la principale source de protéines animales pour la population, soit plus 60% de l'apport total en protéines animales.

Autrement dit : la santé des océans se traduit par la santé de la population.

Aujourd'hui, le secteur de la pêche au Sénégal connaît une grave crise. Les ressources s'effondrent et menacent sérieusement les emplois et la sécurité alimentaire de millions de personnes. Ces dernières années, les flottes de pêche européennes, russes et asiatiques ont provoqué une réduction drastique des stocks de poissons, avec des effets importants sur l'industrie locale de la pêche et de la biodiversité marine.

En capturant en une journée seulement ce que 100 bateaux de pêche artisanale pêchent en un an, ces chalutiers prédateurs pillent nos océans et compromettent le futur des Africains. En 2012, le président du Sénégal Macky Sall a fait un premier pas dans la bonne direction: 29 licences accordées aux navires de pêche étrangers ont été suspendues. Cependant, il est essentiel que ce processus soit soutenu et renforcé localement, mais aussi dans le reste de les autres pays de la sous-région où l'état des stocks halieutiques est devenu critique.

Greenpeace Afrique, en collaboration avec le Réseau des parlementaires pour la protection de l'environnement au Sénégal (REPES), a organisé un atelier avec des membres choisis du Parlement du Sénégal avec pour thème «La gestion durable des ressources halieutiques au Sénégal».

L’atelier avait pour objectif de sensibiliser les Parlementaires, à travers des arguments socio-économiques et scientifiques, sur l’état alarmant des océans en Afrique de l’Ouest pour une meilleure compréhension des enjeux liés à la surpêche au Sénégal. C’était également un cadre idéal pour discuter et pour réfléchir sur les initiatives parlementaires à entreprendre.

Au Sénégal, certaines espèces de poissons comme le mérou blanc ("Thiof ") illustrent parfaitement le fléau qui ronge nos océans. Auparavant largement disponibles sur les étals des marchés pour tous les budgets, cette espèce emblématique n'est maintenant accessible qu'à une fraction de la population et à de prix très élevés.

La survie de la pêche et la préservation des moyens de subsistance des petits pêcheurs passent inéluctablement par l’adoption et la mise en œuvre des politiques de pêche basées sur une approche durable.

Ces problématiques interpellent au premier chef les parlementaires qui ont un rôle crucial dans la définition et le contrôle de la mise en œuvre des politiques publiques. C’est pourquoi il est important qu’ils soient informés et sensibilisés sur la situation actuelle de la pêche et surtout sur les menaces qui pèsent sur ce secteur.