L’on observe une lenteur dans l’élaboration de plusieurs textes qui doivent être finalisés par les ministres ce mercredi 7 décembre 2011. Et en ce qui concerne la REDD+, l’on constate que des projets de textes y relatifs ne font que circuler un draft après un autre, mais au lieu de progresser, les choses ne font que régresser sur les niveaux de référence des émissions et sur les mesures de sauvegardes. Quant aux financements, c’est l’incertitude qui règne.
Les niveaux de référence des émissions de Gaz à effet de Serre
Lors de la COP 16 à Cancun en 2010, les parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique avaient décidé que la REDD+ devrait se baser sur les niveaux de référence nationale et que les niveaux de référence sous- nationale devraient être utilisés comme mesure intérimaire- sans que toutefois les concepts « sous- national » et « intérimaire » ne soient formellement définis par la Convention Cadre.
A mon avis ces questions devraient être traitées urgemment par les parties à la COP 17 mais curieusement, rien n’avance comme souhaité
Comment prétendre lutter contre la déforestation et dégradation des forêts si les émissions ne sont pas comptabilisées au niveau national? Il a été prouvé et entendu que la comptabilisation des émissions au niveau sous- national ne contribue pas dans la lutte contre le changement climatique en ce qu’elle ne fait que déplacer la déforestation d’une région à l’autre dans un même pays. A Cancun la majorité des parties avait déclaré que les niveaux de référence nationale sont nécessaires et les résultats devraient être basés sur les actions historiques, c’est à dire sur la réalité d’un pays en termes de déforestation et non sur des faits.

Si les parties à la COP 17 veulent stopper la déforestation en conformité avec l'accord de Cancun, elles doivent opter pour des systèmes qui incitent les pays à choisir des développements cohérents avec la zéro déforestation et ainsi répondre aux vraies exigences de la REDD+ qui prône la réduction des émissions dues à la déforestations et à la dégradation des forêts.
Malheureusement à Durban les parties semblent régresser par rapport aux avancées de Cancun:
Les garanties ou les mesures de sauvegarde
L'accord de Cancun énumère sept garanties en vertu de laquelle les activités de la REDD+ doivent être entreprises, et qui doivent être promues et soutenues. Cet accord a été très positif sur les garanties à deux niveaux ; premièrement, il souligne que la performance de la REDD+ ne serait pas seulement sur le carbone, mais que la REDD+ doit également protéger la biodiversité et faire respecter pleinement les droits des communautés locales et peuples autochtones.
Deuxièmement, l’accord de Cancun a appelé à la mise en place d'un système pour fournir des informations sur la façon dont ces garanties essentielles sont abordées et respectées.
Malheureusement à Durban, les parties font du recule. Alors qu’ il est impérieux que les mesures de sauvegardes soient communes et définies par le SBSTA , les parties à Durban s’attachent à un système non précis d'information sur les garanties - et sont en train de permettre aux pays à faire rapport sur tout ce qu'ils considèrent comme garanties, comme il les veulent, et à qui ils veulent. Au lieu de construire sur la décision de Cancun avec des orientations et indicateurs qui permettraient de mesurer les progrès accomplis sur la performance de la REDD+; les parties à la COP 17 sont en train de faire marche en arrière.
Les garanties prévues dans l'Accord de Cancun sont essentielles pour que la REDD+ soit efficace, elles doivent être précisées par les parties avant que le processus soit opérationnel dans différents pays concernés.
Le fonds vert pour le climat : Un financement séparé pour la REDD+ est important
À la seizième session de la Conférence des Parties à Cancun, au Mexique, la COP a adopté la création de Fonds vert pour le climat et l’a désigné comme une entité opérationnelle du mécanisme financier de la Convention. Ce fonds a entre autres pour objectif, de soutenir des projets, programmes, politiques et autres activités dans les pays en développement ayant pour objectif de lutter contre le changement climatique.
Les parties à Durban doivent donner un contenu à ce fonds qui jusque là est vide.
Mais en effet, à une semaine de la COP 17, il ya aucune définition claire en ce qui concerne les sources de financement pour alimenter ce fonds. Il ya risque que nous quittions Durban les poches vides alors que les peuples africains, qui sont les premières victimes des effets du changement climatique, ne peuvent plus attendre vu la souffrance qu’ils subissent !
Les parties doivent faire montre de leur volonté à pouvoir respecter leurs engagements et mettre de côté l’esprit égoïste qui les caractérise.
En outre, vu l’importance de la REDD+ dans la lutte contre le changement climatique, Greenpeace et beaucoup d’autres parties et organisations estiment qu’une fenêtre séparée pour le financement REDD+ doit être ouverte dans le fonds vert pour le climat. Ceci impliquerait donc la réouverture des discussions. La crainte à ce sujet est que si les débats sont reouverts, il y a risque que nous quittions Durban sans un fonds opérationnel.
A ce point, je pense que si les discussions ne peuvent être relancées, il est important que la COP 17 garantisse au plus vite des mécanismes pour l’ouverture de la fenêtre REDD+ dans le Fonds vert pour le Climat, qui à mon avis est très capitale, surtout pour les pays en Développement.