Soutient Massif au Moratoire sur les Nouveaux Titres Forestiers

Feature Story - avril 7, 2011
Greenpeace recommande au gouvernement congolais de maintenir et de renforcer le moratoire existant sur l’allocation de nouveaux titres forestiers en RDC et d’assurer la bonne gouvernance par l’implication effective de toutes les parties prenantes dans tout le processus de gestion forestière.

Une photo de l'atelier que Greenpeace a organisé à Mbandaka , chef lieu de la province de l’Equateur, en collaboration avec la commission environnement de l’Assemblée Provinciale et la société civile de l’Equateur, du 21 au 22 mars 2011.

Ces recommandations sont issues de l’atelier récent, organisé à Mbandaka par Greenpeace en collaboration avec la Commission Environnement de l’Assemblée Provinciale de l’Equateur et le Réseau Ressources Naturelles/ Equateur, sur la gestion des forêts de la province de l’Equateur.

Province forestière par excellence, l’Equateur dispose au total de 32 titres déclarés convertibles (22 par la Commission Interministérielle et 10 autres repêchés récemment par le Ministère de l’Environnement Conservation de la Nature et Tourisme).

Pour l’ensemble des participants à l’atelier, le bilan de plus de 35 ans d’exploitation forestière industrielle dans cette partie du territoire congolais est largement négatif.

« A ce jour, l'exploitation industrielle des forêts a démontré ses limites, elle n’est pas un bon modèle pour le développement de la province de l’Equateur ni du pays, d’autres alternatives doivent impérativement être envisagées » soutient René NGONGO, chargé de campagne forêt à Greenpeace Afrique.

« La forêt demeure jusqu’à aujourd’hui une grande richesse pour la province de l’Equateur, pourtant 83% des équatoriens vivent en deça d’un dollar par jour. L’exploitation ne profite qu’aux exploitants» a souligné Joachim AGDOKUMA BITA, Ministre Provincial en charge de l’Environnement.

L’état de lieu du secteur forestier tel qu’analysé lors de l’atelier dénote un paradoxe très perceptible, caractérisé notamment par :

  • Des conflits récurrents entre les entreprises industrielles et les communautés locales et autochtones riveraines des concessions forestières.
  • Des tensions entre les gestionnaires des aires protégées et les communautés locales et autochtones riveraines.
  • L’attribution des autorisations de coupe industrielle de bois (ACIBO) à des compagnies dont les titres n’ont pas été déclarés convertibles.
  • L’accélération de la coupe du bois par les compagnies d’exploitation industrielle, avec une augmentation du volume de grumes évacuées sur Kinshasa.
  • L’administration locale censée contrôler les activités d’exploitation forestière ne dispose d’aucun moyen ; les entreprises forestières opèrent donc sans être aucunement inquiétées.

Par ailleurs, les populations locales et autochtones qui subissent directement les effets de l’exploitation forestière considèrent que l’Etat congolais les a abandonnées à la merci de ces entreprises commerciales.

Pour l’Honorable Célestin BOLILI, Président de la Commission Environnement de l’Assemblée Provinciale de l’Equateur : « aucun équatorien ne peut accepter l’attribution de nouvelles concessions forestières car les actions sociales des compagnies qui exercent dans cette province ne sont pas visibles.»

Cette exploitation industrielle du bois n’a jamais apporté le développement aux communautés forestières. Elle conduit, par contre, à une fragmentation dangereuse des forêts intactes et à une dégradation accélérée des zones à haute valeur de conservation.

Pour assainir le secteur forestier dans la province de l’Equateur, les participants ont également recommandé la matérialisation effective des reformes amorcées depuis 2002.

Greenpeace exhorte le gouvernement et ses partenaires à mettre en application les recommandations de cet atelier et encourager des modèles de développement alternatifs -- plus efficaces que l’exploitation industrielle -- dans la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde des forêts naturelles, et de la biodiversité ainsi que la lutte contre le changement climatique.