Greenpeace Afrique profondément préoccupé par la levée de la suspension des activités d’exploitation forestière de Herakles Farms

Communiqué de presse - juin 7, 2013
Greenpeace Afrique et l'Institut d'Oakland sont profondément préoccupés par la décision du gouvernement camerounais de lever la suspension des activités d’exploitation forestière de Herakles Farms.

En Avril dernier, le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) a pris la décision de suspendre les travaux de développement d’une plantation de palmiers à huile de 73 000 ha par Herakles Farms dans le Sud-ouest du Cameroun. La société américaine avait entreprit ce projet, en dépit de l'opposition généralisée des communautés concernées quant à la perte de leurs terres et leurs moyens de subsistance, des allégations de corruption et de nombreuses violations du droit national.

Tant que ces questions cruciales restent sans réponse, il est d’autant plus inquiétant de constater que cette décision a été remise en cause sans aucune explication pour l'instant.

"Ce projet devrait être définitivement annulé, car il aurait des conséquences sociales et environnementales désastreuses pour la région», a déclaré Irène Wabiwa, Chargé de campagne Forêts pour Greenpeace Afrique. "En outre, il semble de plus en plus clair que la société est confrontée à de graves problèmes de trésorerie. Elle n'est donc pas un partenaire de développement viable à long terme pour le gouvernement camerounais ni pour les collectivités locales. Le gouvernement serait bien avisé de procéder à un prompt contrôle financier d'Herakles Farms ", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, un rapport publié le mois dernier par l'Institut Oakland et Greenpeace International détaille l’incurie généralisée d'Herakles Farms. Une série de communications et documents internes de l'entreprise révèle que la société est apparemment bien consciente qu'elle fonctionne au Cameroun sans tous les permis et autorisations requis, et que la corruption est régulièrement utilisée dans la perspective d'obtenir le consentement autour du projet.

Les autorités américaines sont au courant des allégations de corruption, et Greenpeace et l'Institut Oakland pensent que les gouvernements américain et camerounais se pencheront sérieusement sur ces accusations.

"Face aux preuves dévoilées par l'Oakland Institute et Greenpeace Afrique, nous nous demandons pourquoi les mains du Gouvernement camerounais sont toujours liées, l’empêchant de rendre justice à son peuple et a son pays", a déclaré Anuradha Mittal, directeur exécutif de l'Institut Oakland.



L'Institut Oakland et Greenpeace appellent à mettre fin à ce projet, et à mettre en place un moratoire pour l'attribution de toutes les concessions foncières à grande échelle au Cameroun jusqu'à ce que des gardes-fous soient mis en place pour protéger les moyens de subsistance des communautés locales et les forêts dont ils dépendent. Si ce projet n'est pas arrêté, la plantation industrielle d'Herakles Farms constituera un très mauvais exemple pour les investisseurs sur la façon dont de grands projets agro-industriels peuvent être menés sur le continent.

Contacts:

Irene Wabiwa, Chargée de Campaigne Forêts, Greenpeace Afrique: +27 795128565,

Filip Verbelen, Chargé de champagne Forêts, Greenpeace International, +32 496161586,

Anuradha Mittal, Directeur Exécutif, Institut Oakland, +1-510-469-5228,