Greenpeace Afrique : Securite alimentaire et protection de la foret passent par l’innovation agricole au Cameroun

Communiqué de presse - avril 19, 2013
Yaoundé, le 19 Avril 2013 – L’agriculture communautaire dans le Sud-Ouest du Cameroun pourrait favoriser la sécurité alimentaire tout en protégeant les riches forêts de la région, selon un rapport publié aujourd'hui par l'ACDIC (Association Citoyenne pour la Défense des Interêts Collectifs), commanditée par Greenpeace Afrique. Système agraire et sécurité alimentaires des arrondissements de Toko, Mundemba et Nguti (Region du Sud-Ouest, Cameroun), démontre comment les petits agriculteurs peuvent indiquer la voie du développement durable, au contraire d’un fameux projet industriel de plantation de palmiers à huile dans la région, qui menace les moyens de subsistance et l'environnement.

Ce rapport s’inscrit dans la continuité d’un atelier organisé par Greenpeace et l’ACDIC dans la ville de Kumba, le 16 avril dernier pour engager des discussions avec les communautés et les autorités locales sur la sécurité alimentaire, les droits fonciers et la protection de la forêt. L'atelier, qui a réuni près de 90 personnes a permis d’identifier que le soutien technique aux agriculteurs, l’accès a la terre et la maitrise de la production sont parmi les facteurs clefs pour atteindre la sécurité alimentaire et assurer la protection de la forêt.

«Très souvent, on croit qu'il n’y a qu'une seule voie de développement possible pour le Cameroun : céder les terres pour des projets industriels de grande envergure», a déclaré Irene Wabiwa, chargé de Campagne Forêt à Greenpeace Afrique. «Ce rapport est important parce qu'il met en évidence une véritable alternative, qui répond à des objectifs économiques, sociaux et environnementaux dans le meilleur intérêt du peuple camerounais».

Le rapport décrit  comment les rendements du  cacao dans le Sud-Ouest, qui fournit 70% de la production de cacao du Cameroun, peut être améliorée grâce à un meilleur encadrement, une meilleure organisation et l'accès aux marchés. Le cacao est généralement cultivé à l'ombre d’arbres qui fournissent aux agriculteurs d’autres produits tels que les fruits et légumes, tout en préservant le couvert forestier.

L’agriculture ecologique offre une alternative viable et positive au projet de 73.000 hectares de palmiers à huile de la société Etats-unienne Herakles Farms, qui risque de mettre en péril les moyens de subsistance de plus de 14 000 personnes qui vivent actuellement dans la zone du projet. Ces communautés dépendent des forêts pour leur nourriture, les matériaux de construction et les médicaments.

Craignant de perdre leurs terres et leurs moyens de subsistance, certains habitants ont protesté contre le projet, et ont dû fait face à des intimidations et des arrestations.

Les impacts antérieurs du développement agro-industriel de CDC, Palmol, Delmonte et CTE nourrissent ces craintes. Ils ont eu pour conséquences une mainmise des sociétés sur de larges superficies et des restrictions de l'accès des communautés aux infrastructures. Cela a provoque une hausse des prix des denrées alimentaires locales, du fait de la réduction des superficies de terres agricoles disponibles et augmenté le coût du logement, du transport et des autres produits de base lorsque des travailleurs agricoles sont attirés dans la zone pour y travailler.

Greenpeace fait campagne pour que  l'industrie de l'huile de palme et les investisseurs mettent en œuvre une «Politique Zéro Déforestation» transparente, qui respecte les droits et les moyens de subsistance des communautés et assure la protection de la forêt naturelle.

«Herakles doit respecter les droits fonciers de ces communautés, qui n'ont pas été dûment consultées sur la question des plantations», explique Irene Wabiwa. "Greenpeace soutient l'appel lancé par les ONG camerounaises pour un moratoire sur l'attribution de nouvelles concessions agro-industrielles, jusqu'à ce qu’une planification claire de l'utilisation des terres qui prenne en compte les droits fonciers existants et un soutien adéquat pour l'agriculture communautaire, soient mis en œuvre."

Notes à l'éditeur              

  1. La Politique Zéro Déforestation de Greenpeace Afrique implique l’absence de conversion directe des forets par l’activite humaine. Ceci ne s'applique pas à l’agriculture à petite échelle et à faible intensité.
  2. L’agriculture écologique assure une agriculture saine et une nourriture saine pour le présent et le futur, en protégeant les sols, en protégeant la biodiversité et en évitant la contamination de l’environnement par des produits chimiques ou des Organismes génétiquement modifies.

Relations avec les médias

Greenpeace:
Alexa Phillips, Coordonnatrice de la communication forêts, Greenpeace Afrique, téléphone: , +27 798945277

Irene Wabiwa, Chargée de campagne Forêt de Greenpeace Afrique: , +23793714286

ACDIC:

Martin Nzegang, Head of Research, ACDIC: , + 237 77 89 24 60