Greenpeace: Trafigura, un revers pour la justice environnementale en Afrique

Communiqué de presse - novembre 22, 2012
Johannesburg, 21 Novembre 2012 - Greenpeace Afrique condamne l'amende dérisoire infligée à la société néerlandaise Trafigura Beheer BV et son président Dauphin qui avaient été accusés d'avoir exporté et déversé illégalement des déchets toxiques en Côte d'Ivoire en 2006.

Plutôt que de prendre le risque d'un procès en audience publique, le président de cette entreprise,  le milliardaire Claude Dauphin,  a négocié une amende dérisoire de 67 000 Euros, une claque sur le poignet  d'un richissime.

«Le règlement qui a été annoncé est une triste nouvelle; bien que les décisions antérieures de justice sur la société Trafigura soient devenues définitives et que la société ait accepté de payer précédemment un million d'Euros et un montant supplémentaire de 300.000 Euros basé sur les profits qu'elle fait avec l'exportation illégale des déchets toxiques, cela ne change pas le fait que les cadres des entreprises puissantes, responsables des activités néfastes peuvent échapper à la responsabilité juridique pour avoir commis de graves crimes environnementaux et humains. Le Président de Trafigura ne va pas être tenu pour responsable", a déclaré le Directeur exécutif de Greenpeace Afrique, Michael O'Brien-Onyeka.

"Le ministère public du Pays-Bas a décidé de régler l’affaire afin d'éviter de longues procédures judiciaires aux coûts élevés. Trafigura a tout simplement plus d'argent et de main-d'œuvre que le ministère et les procédures peuvent s'étirer à l'infini. Une tendance se dégage. Trafigura a toujours , par sa richesse, minimisé ses adversaires et outrepassé la loi dans tous les procès de la catastrophe du Probo Koala. Maintenant que tout est réglé, mais où est la justice dans tout cela? "

Le règlement, a déclaré Greenpeace Afrique, n'était pas dans l'intérêt général mais a plutôt créé un précédent déplorable que les entreprises puissantes peuvent éviter la nécessité d'obéir aux lois internationales sur l'environnement et de respecter les normes et standards.

«Le récent rapport conjoint de Greenpeace et Amnesty International, « La vérité toxique »[1], a montré comment Claude Dauphin a été pleinement impliqué dans  la prise de décision , de la production jusqu’au déversement  de ces  déchets toxiques. La preuve était si écrasante qu'il est dommage que les Pays-Bas avec sa fierté traditionnelle sur les droits de l'homme, n'a pas réussi à saisir cette opportunité en mettant leurs meilleurs procureurs et les plus infatigables sur ce cas. "a poursuivi O'Brien-Onyeka.

Tout ce qui reste maintenant, dit O'Brien-Onyeka, était pour le gouvernement de la Côte d'Ivoire de réévaluer la légalité et la sagesse du règlement de 2007 qui a donné l'immunité sur les poursuites contre Trafigura.

"Greenpeace reste préoccupée par ceci: quand bien même un pays aussi riche que les Pays-Bas n'a pas la volonté de bien régler cette affaire, comment d'autres pays les plus pauvres pourront poursuivre les graves crimes contre l'environnement commis par des entreprises puissantes comme Trafigura?

Tout au moins, cette société devrait être interdit de ne jamais revenir travailler dans notre continent», a conclu O'brien Onyeka.

Contact:

 

  • Fiona Musana, Directrice de la Communication, Greenpeace Africa. , +27798940495
  • Marietta Harjono, Greenpeace International, , +31615007411

 

Note de l'Editeur:

(1) http://www.greenpeace.org/africa/fr/Presse/communiques-de-presse/AMNESTY-INTERNATIONAL--GREENPEACE-INTERNATIONAL-PRESS-RELEASE-/AMNESTY-INTERNATIONAL--GREENPEACE-PAYS-BAS/