Greenpeace lance une nouvelle campagne pour préserver le "thiof" sénégalais (mérou blanc)

Communiqué de presse - février 22, 2013
Dakar, le 22 février 2013 – Greenpeace Afrique lance aujourd'hui à Dakar une nouvelle campagne dénommée "Sauvons le thiof" et appelle à une mobilisation internationale pour la préservation de ce poisson menacé de disparition. Surexploité, le "thiof", de son nom scientifique "Epinephelus aeneus", devient de plus en plus inaccessible et cher pour la plupart des sénégalais.

"L’état des stocks de thiof, dans les eaux sénégalaises, nécessite, urgemment, une stratégie de gestion durable. Si on y prend garde, cette espèce risque d’être exploitée jusqu’à son extinction et les générations futures grandiront sans  connaitre cette espèce iconique du Sénégal ", a déclaré Ahmed Diamé, Chargé de campagne Océans à Greenpeace Afrique.

Selon plusieurs études scientifiques, le pourcentage de thiof adultes, au Sénégal, aurait chuté de près de 80% au début des années 1990 à environ 38% en 1999(1). L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), préoccupée par l’état des stocks de thiof, a classé l’espèce dans la catégorie quasi menacée de sa liste rouge(2).

 Au Sénégal, la situation de la population de thiof est dans un tel état d’épuisement que l’espèce a été listée dans une catégorie de risque plus élevé des espèces vulnérables(1).

Malgré la situation critique de ses stocks, le thiof continue d’être pêché et exporté  à un rythme inquiétant. En 2011, 1.649 tonnes de thiof ont quitté le Sénégal vers les marchés d’Europe, d’Asie, du Moyen Orient, d’Amérique du Nord et d’Afrique. A elle seule, l’Union Européenne (UE) a reçu près de 70% de cette quantité(3).      

"La préservation du thiof doit être l’affaire de tous ceux qui sont soucieux de la santé de nos océans. Nous appelons les pêcheurs, les consommateurs et les décideurs  politiques à se mobiliser et à agir pour éviter la disparition programmée du thiof", a ajouté Ahmed Diamé.      

Greenpeace demande  aux autorités sénégalaises et à l’ensemble des acteurs la mise en place de mesures concrètes de préservation du thiof.

"Nous demandons un moratoire sur son exportation et la création de réserves marines dans  la Zone Economique Exclusive (EEZ) sénégalaise. Nous appelons aussi les pêcheurs, les consommateurs, tous les acteurs de la filière (en particulier les distributeurs) ainsi que les décideurs politiques à se mobiliser et à agir pour éviter la disparition programmée du "thiof", a conclu Ahmed Diamé.

Notes aux Éditeurs :

(1)  Sidibé A (2010). Liste Sidibé A (2010). Liste rouge et gestion éco systémique des pêches en Afrique de l’ouest. IUCN Programme Marin et Côtier pour l’Afrique Centrale et Occidentale. Accessed June 2012 at: http://cmsdata.iucn.org/downloads/uicn_2010_liste_rouge_et_demersaux_d_afrique_de_l_ouest.pdf

(2)  Froese R (2004). Keep it simple: Three indicators to deal with overfishing. Fish and Fisheries 5: 86–91

(3)  Rapport de recherche de Greenpeace Afrique sur le marché du thiof au Sénégal. Janvier 2012. 

 

Contacts :

Ahmed DIAME, Chargé de campagne Océans Greenpeace Afrique Email: ; Téléphone: +221773328993

Bakary Coulibaly, Chargé de communication Campagne Océans, Greenpeace Afrique, Email: ; Téléphone: +221773336265