Greenpeace publie un rapport sur le pillage organisé des ressources pélagiques du Sénégal

Communiqué de presse - octobre 10, 2012
Dakar - Greenpeace publie aujourd'hui un rapport détaillé sur le pillage organisé des ressources pélagiques du Sénégal par des chalutiers étrangers.

Ce rapport de 20 pages, intitulé «Main basse sur la sardinelle. Le scandale des autorisations de pêche  au Sénégal: un drame en cinq actes» , décrit en détail les irrégularités qui ont entouré l’octroi, de véritables « permis de piller » à des chalutiers étrangers, entre mars 2010 et avril 2012.

"À cause de la cupidité et de la mauvaise gouvernance, les futures générations sénégalaises risquent de grandir privées de certaines espèces de poisson, qui représentent une source importante de protéines animales et d’emplois dont leurs parents et grands-parents ont profité pendant des siècles", a déclaré Ahmed DIAME, Chargé de Campagne océans à Greenpeace Afrique.   

Avec plus de 70% des débarquements[1], la pêche aux petits pélagiques constitue, de loin, la principale activité du secteur artisanal sénégalais. Mais, à cause des activités des gros navires-usines qui pêchent au large des côtes, et ne débarquent qu’à l’étranger, c’est toute cette industrie locale qui menace de s’effondrer au profit de grandes compagnies étrangères et de leurs protecteurs.

Pourtant, depuis quelques années, les scientifiques du COPACE-FAO attirent l’attention des Etats et des gouvernements ouest-africains sur l’état de surexploitation des stocks de certaines espèces pélagiques, notamment la sardinelle[2].

Quant au Trésor public sénégalais, il n’a pratiquement pas bénéficié des contreparties financières de ces autorisations. Selon des informations concordantes reçues par Greenpeace, les montants officiellement versés au Trésor (35 USD /tonne), sont bien inférieurs aux tarifs pratiqués dans les pays voisins et ne représentent qu’une fraction du prix payé par les armateurs.

Déjà en 2011, une délégation russe, composée d’officiels du Ministère et d’armateurs privés, avait  proposé de payer 100 USD / tonne lors d’une rencontre avec des officiels sénégalais. Le Directeur du plus important armement impliqué dans cette affaire notamment  "la Murmansk Trawl Fleet" et propriétaire du navire "Oleg Naydenov", a récemment déclaré aux médias russes avoir payé 120 USD / tonne en 2012.

Selon l’ancien Ministre sénégalais de l'Economie Maritime, 52 000 tonnes auraient été officiellement pêchées en 2011 et 125000 tonnes pour la saison 2012 en début mai. Par ailleurs, si l’ensemble  des armateurs bénéficiaires des autorisations de pêche ont acquitté 120 USD par tonne alors que le Trésor sénégalais n’en a encaissé que 35 USD, le « manque à gagner » pour le trésor sénégalais s’élèverait à plus de 15 millions de dollars USD.

"Greenpeace appelle le gouvernement du Sénégal à immédiatement ouvrir une enquête sur les pratiques ayant permis le pillage des ressources halieutiques en toute impunité durant deux ans, à clarifier les montants financiers versés et à poursuivre les bénéficiaires de sommes indues, en sollicitant la coopération des Etats dont les navires sont impliqués dans le scandale", a poursuivi Ahmed DIAME.

"La seule solution pour le gouvernement sénégalais et tous les autres dirigeants ouest africains est de mettre en œuvre des conditions minimales d’une gestion durable de leurs pêcheries, basées sur la transparence et la bonne gouvernance, pour le bien-être de leurs populations et la bonne santé des écosystèmes marins", a t-il conclu.

Contacts :

. Ahmed DIAME, Chargé de Campagne Océans Greenpeace Afrique.

Tel: 221 77 3328994. Mail:

. Bakary Coulibaly, Chargé de communication Greenpeace Afrique.

Tél : +22177 3336265. Mail:

Notes de l’éditeur:

(1) Ministère de l’Economie Maritime, Résultats généraux des pêches maritimes, 2010. http://www.oceandocs.org/bitstream/1834/4306/1/RapportannuelDPM2010.pdf

(2) COPACE, 20è session, Rabat , Maroc du 14 au 16 mars 2012. disponible dans: http://www.fao.org/docrep/meeting/024/an152f.pdf

Telechargez Main Bas Sur La Sardinelle ici: http://www.greenpeace.org/africa/Global/africa/publications/oceans/MainBasseSurLaSardinelle.pdf