Herakles Farms continue de détruire la forêt pour mettre en place une plantation de palmiers à huile dans un climat de tension sociale accrue

Communiqué de presse - novembre 21, 2012
Amsterdam, 19 novembre 2012 – L’entreprise américaine Herakles Farms détruit la forêt tropicale du sud-ouest du Cameroun en vue d’aménager une plantation de palmiers à huile, exacerbant les tensions sociales dans la région alors que d'importantes questions concernant la légalité du projet n'ont toujours pas été résolues, dénonce Greenpeace International.

Des images aériennes prises par Greenpeace International début novembre mettent en évidence le déboisement de la zone de concession, jusque-là constituée de forêts denses, par la SG Sustainable Oils Cameroon (SGSOC), une filiale locale de l’entreprise Herakles farms dont le siège social est à New York.

Ces activités de déforestation ont lieu alors que le bail foncier de 99 ans dont dispose la SGSOC n’a pas encore été approuvé par décret présidentiel et apparaît donc comme contestable au regard du droit camerounais.

Si rien n’est fait pour mettre un terme au projet, la concession s’étendra sur 73 000 hectares, soit 10 fois la superficie de l’île de Manhattan. Une zone forestière dense, située au cœur d’un « zone exceptionnelle » de biodiversité, finira par être rayée de la carte, causant de graves préjudices pour les milliers d’habitants dont les ressources dépendent de la forêt, mais aussi pour le climat mondial.

« Tout projet industriel à grande échelle implanté dans une région qui est à la fois l’un des plus importants bassins hydrographiques d’Afrique subsaharienne et l’une des plus importantes “ zones exceptionnelles” de la biodiversité du continent africain est un non-sens total, a déclaré  Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace International. Le projet de Herakles Farms doit être stoppé sans condition. »

Bien que l’entreprise affirme que la plantation favorisera le développement économique et social de la région, l’opposition locale et internationale ne cesse de s’intensifier et la déforestation en cours risque d’aggraver les conflits sociaux qui se sont cristallisés autour du projet.

D’après des informations reçues par Greenpeace International, des agriculteurs locaux et des villageois s’opposent au projet qui doit se développer sur leurs terres, et qui leur a été imposé sans consultation préalable. En parallèle, le mécontentement grandit chez les employés de la SGSOC concernant leurs salaires et leurs conditions de travail.

Greenpeace International est également vivement préoccupée par des informations selon lesquelles des personnes qui se sont opposées au projet ont été harcelées par les autorités camerounaises.

Le 14 novembre, Nasako Besingi, directeur de Struggle to Economize Future Environment (SEFE), une ONG locale qui milite de façon pacifique contre le projet d’Herakles Farms, ainsi que trois de ses collègues ont été arrêtés et placés en détention, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.

Ils ont été tous les quatre remis en liberté après que de nombreuses voix se soient élevées au niveau local et international

Greenpeace demande au gouvernement camerounais de mettre fin à la déforestation et au projet de Herakles Farms, ainsi que d’instaurer des normes pour l’allocation de terre et le développement de l’huile de palme au Cameroun de façon à prévenir les conflits sociaux, l'anéantissement des moyens de subsistance des Camerounais et la destruction de leurs forêts.

 

Contacts médias :
Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts, Greenpeace International, tél. portable : +33 1 80 96 97 43
Just van den Broek, chargé de campagne Forêts, Greenpeace Afrique, tél. portable : +243970047001
Communication, Greenpeace International : +31 20 718 24 70
Photos : +31 20718 2471