Le contexte et les enjeux

La plantation de Herakles Farms/SGSOC dans la région sud-ouest du Cameroun est l’un des cas les mieux documentés du mauvais projet, au mauvais endroit. Les fondations mêmes de ce projet sont biaisées. La convention d’établissement contient des clauses aberrantes en vue du droit du travail local, et des exemptions de taxes injustifiables. Depuis 2013, SGSOC est au centre de controverses locales et internationales incluant forts soupçons d’accaparement de terres, corruption, violations du droit du travail et des droits de l’homme, promesses de développement non tenues et un manque de respect total pour l’environnement et les droits des communautés avoisinantes. La concession actuelle doit prendre fin en novembre, mais la société projette de demander une prolongation de son bail ou un contrat à long terme par décret présidentiel, qui pourrait leur donner un droit d’exploitation de 99 ans ! Il est temps d’agir ensemble pour mettre fin à ce projet toxique.

« On a essayé de rencontrer les responsables de SGSOC, et ils nous ont dit que le village voisin leur avait donné ces terres. Ne sont-ils pas censés vérifier à qui les terres appartiennent ? » Adolf Ngbe Ebong, Babensi II

Les communautés locales et la société civile

SGSOC a mené des négociations foncières corrompues, conduisant à la démarcation des limites de sa plantation sans l’accord des populations locales.
A Nguti, John Nya Eyabi, fermier : « Nous leur avons dit qu’ils pouvaient prendre toute la forêt qu’ils voulaient, mais qu’ils devaient respecter une limite de 5 km autour de nos fermes. (…) Un jour, on a vu des marques rouges sur les arbres portant le nom SGSOC. Ma ferme et celles de bien d’autres sont inclues dans cette zone. (…) S’ils prennent cette forêt, où est-ce que je vais vivre avec mes enfants et ma famille ? »

A Babensi II, Adolf Ngbe Ebong, 62 ans, policier à la retraite : « Un jour, je suis revenu à ma ferme et je me suis rendu compte que tout avait été déboisé, (…), et mes quatre hectares avaient disparus. C’était ma forêt, elle était supposée m’aider à prendre soin de ma famille pendant ma retraite. (…) J’ai l’impression de mourir, je n’avais rien d’autre que cette terre. »

Une coalition de plus de 20 ONG s’est opposée manque d’éthique et au comportement illégal de SGSOC depuis 2012. Deux ONG camerounaises, SEFE et Nature Cameroon, ont subi un harcèlement administratif et judiciaire de la part de SGSOC et du gouvernement camerounais depuis plus de 5 ans, qui a culminé par la condamnation de Nasako Besingi, le directeur de SEFE.

Les concessions de SGSOC sont entourées par des zones riches en biodiversité, contenant de nombreuses espèces endémiques ou menacées.

L’impact environnemental du projet

L’impact environnemental de la plantation de SGSOC a fait l’objet de nombreuses critiques de la part d’experts et d’ONG, au point de pousser l’entreprise à annuler son adhésion à la Table ronde pour une huile de palme durable.
La concession de la société est au cœur d’un point chaud pour la biodiversité, entouré par 4 aires protégées. Des scientifiques ont trouvé de nombreuses espèces endémiques et menacées au sein des concessions de la SGSOC, dont des chimpanzés et de nouvelles espèces de poissons.
A l’heure actuelle, SGSOC a déboisé plus de 882 hectares de forêt sur son site principal. Si l’ensemble de leurs terres est converti en plantations d’huile de palme, cela représenterait une émission de CO2 de 20.9 GtCO2e.
De plus, SGSOC a été accusée de manipuler le contenu de son étude d’impact environnemental pour dissimuler les vrais impacts du projet : l'étude de haute valeur de conservation réalisée par l’entreprise a été critiquée par un panel d'experts

L’Afrique est la nouvelle frontière pour l’huile de palme. Les sociétés internationales sont attirées par ses vastes terres riches et inexploitées.

L’huile de palme

L’huile de palme est une huile alimentaire parmi les moins chères et les plus utilisées. Son succès va malheureusement souvent de pair avec des dommages environnementaux souvent irréversibles et avec une déforestation à l’échelle mondiale.
Le continent africain est pour l’instant un acteur mineur sur la scène internationale du palmier à huile, mais la croissance de la demande mondiale, la promesse de profits rapides et les vastes terres disponibles font de ce continent une cible pour les entreprises agroalimentaires.
Des centaines de milliers d’hectares de terres en Afrique sub-saharienne ont été alloués ou vendus à des sociétés internationales, des gouvernements ou des individus. La plupart de ces marchés sont opaques et peuvent être assimilés à des vols de terres.
Les pays africains doivent prendre une décision entre le profit à court-terme promis par les sociétés internationales ou la protection de leurs ressources naturelles pour le bien-être de leurs populations locales.

Nous pouvons mettre un terme à ce projet désastreux, et nous devons agir maintenant avant que la concession de SGSOC ne soit renouvelée.

S’engager

Il est temps d’agir ! Nous devons faire en sorte que le bail foncier de SGSOC ne soit pas prolongé ou renouvelé. Signez maintenant la pétition pour faire pression sur le gouvernement camerounais !

Ensemble pour les forêts !

Les forêts ont besoin de vous ! Aidez-nous à protéger les forêts du Bassin du Congo, le poumon de l’Afrique, et leur incroyable biodiversité en soutenant notre campagne.