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Bruxelles, Belgique — Une des plus importantes multinationales actives dans le secteur forestier en République Démocratique du Congo (RDC), le groupe Danzer, pratique l'évasion fiscale à grande échelle. C'est l'une des conclusions du rapport Arnaques au Congo publié aujourd'hui par Greenpeace International. Greenpeace appelle le gouvernement belge à exiger plus de transparence des entreprises forestières et demande au gouvernement congolais d'annuler toutes les concessions forestières illégales.

Le groupe germano-helvétique Danzer, dont la filiale Belge Coplac est située à Alost, contrôle 40 % des exportations de bois de la RDC. Par un système ingénieux de sousfacturation, cette multinationale transfère ses revenus congolais vers des comptes off-shore et échappe aux taxes à l'exportation et à différents impôts. Greenpeace estime à presque 8 millions d'euros le montant d'impôt éludé par le groupe en RDC et au Congo-Brazzaville. Ces conclusions sont basées sur des documents internes de l'entreprise dont Greenpeace a pu prendre connaissance.

La protection de la forêt congolaise est un enjeu stratégique pour le développement du pays, la protection de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques. Alors que la Belgique investit dans la reconstruction du Congo par sa coopération au développement, les multinationales forestières pillent le pays. “Les pratiques des multinationales mises à jour par ce rapport sont le revers de la médaille de la corruption et de la mauvaise gouvernance au Congo.” déclare Marc-Olivier Herman, directeur des campagnes de Greenpeace Belgique. “Le ministre De Gucht ne doit pas seulement demander des comptes aux dirigeants congolais. Il doit également exiger plus de transparence des entreprises actives au Congo. La Belgique, en tant que deuxième plus grand importateur de bois congolais de l'Union européenne, a une responsabilité particulière à cet égard.”  

En RDC, une commission interministérielle chargée de la révision des titres forestiers entame aujourd'hui ses travaux. En mai 2002, le gouvernement congolais     avait décrété un moratoire sur l'octroi de nouvelles concessions forestières. Depuis cette date, des concessions ont toutefois été octroyées en violation du moratoire.Greenpeace appelle le gouvernement congolais à annuler toutes les concessions illégales et à prolonger le moratoire. La forêt du bassin du Congo est la deuxième forêt tropicale de la planète. Les entreprises forestières contrôlent 50 millions d'hectares de forêts, en grand majorité en RDC et au Congo-Brazzaville.

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