Johannesburg, Afrique du sud —
Greenpeace ouvre aujourd'hui son premier bureau en Afrique (1). Ce lancement correspond à l'engagement à long terme d'une présence solide en Afrique, vouée à répondre aux problèmes environnementaux urgents, déplorés sur le continent.
Ce lancement sera suivi, le 24 novembre prochain par l'ouverture d'un bureau à Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC) (2) et d'un troisième, début 2009, à Dakar au Sénégal. Ces zones sont essentielles pour lutter contre les changements climatiques, la déforestation ou la surpêche.
L'ouverture des deux bureaux africains de Greenpeace précède de peu la tenue, à Poznan en Pologne (1-13 décembre) des négociations sur le climat, orchestrées par les Nations Unies. L'objectif de ces négociations sera d'orienter le monde vers une réduction des gaz à effet de serre et la prévention des changements climatiques induits par l'homme.
Alors que l'Afrique contribue très peu aux changements climatiques, ce continent sera parmi les premiers à être touché de plein fouet par les impacts de ces bouleversements. Plus de 180 millions de personnes pourraient mourir des suites des changements climatiques en Afrique sub-saharienne d'ici la fin du siècle. (3) Des pluviosités imprévisibles, des rendements agricoles moindres et des ressources affaiblies provoquent déjà des flux migratoires et une recrudescence des tensions et des conflits.
" L'Afrique du Sud doit jouer un rôle actif pour que les négociations des Nations unies sur le climat débouchent sur la mise à disposition des pays en développement d'un financement conséquent provenant des pays industrialisés et leur permettent de s'adapter et d'atténuer les effets dévastateurs des changements climatiques. Le gouvernement sud africain devrait aider les pays d'Afrique centrale en soutenant la création de mécanismes de financement aptes à rendre la protection des forêts tropicales et du climat plus intéressante économiquement que les activités de l'industrie du bois ", déclare Amadou Kanoute, directeur exécutif de Greenpeace Afrique.
La destruction des forêts tropicales est responsable d'environ 20% des émissions planétaires de gaz à effet de serre.
Changements climatiques : l' Afrique du Sud, le 14ème émetteur de CO2 au monde, doit s'engager à prendre des mesures quantifiables pour réduire ses gaz à effet de serre en y incluant la fin de sa dépendance au charbon, sans prévoir une nouvelle expansion du nucléaire. L'Afrique du Sud - comme l'ensemble du continent - peut se tourner massivement vers les énergies renouvelables : le soleil, le vent, la biomasse et pourrait prendre la tête du volet africain de la r[é]volution énergétique. Cette r[é]volution ne permettrait pas uniquement de réduire les changements climatiques mais aussi d'apporter de l'électricité dans des zones rurales et d'y apporter ainsi développement, emploi et croissance économique.
Protection des forêts tropicales : l'industrie du bois menace les forêts tropicales du Bassin du Congo et les 40 millions de personnes qui en dépendent au quotidien. Ces forêts jouent un rôle crucial dans la régulation du climat planétaire. Cependant, si les coupes forestières se poursuivent au rythme actuel, la RDC risque de perdre 40% de ses forêts dans les quarante prochaines années. Greenpeace plaide pour l'adoption de mécanismes financiers 'Forêts pour le Climat' qui permettraient aux forêts du Bassin du Congo de conserver plus de valeur économique en restant sur pieds plutôt qu'en étant abattues pour les besoins de l'industrie du bois.
Défense des océans : la vie marine au large des côtes ouest de l'Afrique est éradiquée par flottes étrangères : les communautés locales sont dévastées, privées de ressources nutritionnelles essentielles, ce qui engendre de la pauvreté et une hausse de l'insécurité alimentaire. Les pêches illégales et sans licence doivent cesser. Greenpeace militera pour des pêcheries durables, gérées et financées par les Africains ainsi que pour des contrôles et une gestion renforcés.
" Il est fondamental de s'attaquer aux problèmes environnementaux en Afrique, pour les générations futures et le monde entier. L'Afrique ne sera pas uniquement un des continents le plus rapidement et fortement touché par les changements climatiques. L'Afrique peut également faire partie de la solution. En se mobilisant pour développer son potentiel en énergies renouvelables et la protection de ses forêts, l'Afrique pourra jouer un rôle pilote dans le développement environnemental ", conclut Gerd Leipold, directeur exécutif de Greenpeace International.
Notes
(1)Pour plus de détails sur le travail de Greenpeace Afrique, reportez-vous au nouveau site website http://www.greenpeaceafrica.org/ également disponible en français http://www.greenpeaceafrique.org/
(2) Greenpeace Afrique tient une conférence de presse au Constitution Hill, the Women's Jail Atrium Lekgotla à Johannesburg, Afrique du Sud, jeudi 13 novembre 2008, 10h30-11h30.
(3) Le 24 novembre prochain, Greenpeace sera en RDC à Matadi, sur la rivière Congo, avec l'Arctic Sunrise pour attirer l'attention sur la destruction des forêts tropicales et ce qu'elles représentent pour les 40 millions de personnes qui en dépendent ainsi que sur le rôle que les forêts jouent dans la lutte contre les changements climatiques. Une série d'événements liés à l'importance des forêts du Bassin du Congo pour freiner les changements climatiques se tiendront à Kinshasa, Boma et Matadi en République Démocratique du Congo.
(4) Christian Aid, /The Climate of Poverty: Facts, fears and hopes, mai 2006
(5) Greenpeace, c'est 28 bureaux nationaux ou régionaux, répartis dans 40 pays en Afrique, Asie et dans le Pacifique comme en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Greenpeace, c'est aussi un organe de coordination internationale, intitulé Greenpeace International. L'organisation de défense de l'environnement n'a aucun ennemi ou allié permanent. Elle promeut un débat de société ouvert et argumenté sur les choix de sociéte en matière d'environnement. Elle poursuit ses objectifs par de la recherche, du lobbying et une diplomatie 'tranquille' tout comme menant des actions directes non violentes et médiatisées. Pour maintenir son indépendance, Greenpeace n'accepte aucun don provenant d'un gouvernement ou d'un groupe industriel. Elle n'est financée que par les dons et contributions des personnes et des fondations.