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Belgique — Le ministre de l'Environnement congolais, José Endundo vient d'annoncer la prolongation pour trois ans du moratoire sur l'attribution des nouveaux titres forestiers, en vigueur depuis 2002 en République Démocratique du Congo (RDC). Une décision que Greenpeace salue car il s'agit d'une première étape essentielle pour protéger les forêts du Congo. Cette décision a coïncidé, le 8 octobre dernier, avec l'annonce des résultats du processus de révision de la légalité des titres forestiers. 46 titres forestiers ont été légalisés par la commission interministérielle congolaise mandatée pour ce processus initié en 2002 par la Banque mondiale et qui portait sur un total de 156 titres. Pour Greenpeace, ce processus a manqué de transparence et s'est basé sur des critères de révision peu clairs et des informations peu fiables. Il était dès lors capital de prolonger le moratoire sur l'attribution des nouveaux titres forestiers.

Il ressort d'un document publié par Greenpeace, ce 8 octobre, que 33 des 46 titres légalisés ont été attribués après la mise en œuvre du moratoire sur l'acquisition de titres forestiers en RDC. Les autorités congolaises créent ainsi un dangereux précédent. La légalisation de titres forestiers acquis sans respect pour la réglementation en vigueur n'incitera pas l'industrie forestière à s'en tenir à la stricte légalité. Aucun critère social ou environnemental n'a par ailleurs été intégré dans le processus de révision. Sans la confirmation du moratoire, rien ne garantit que les titres forestiers annulés ne seront pas attribués une nouvelle fois.

La légalisation porte également sur des titres forestiers appartenant à des compagnies étrangères comme le groupe franco-suisse SIFORCO (groupe Danzer) qui - comme l'a démontré, il y a quelques mois, Greenpeace – s'est soustrait à l'obligation de payer des taxes.
Le groupe portugais NST apparaît comme le grand gagnant de ce processus tandis que la compagnie forestière belge SICOBOIS y a perdu toutes les concessions en lice pour la légalisation. Safbois, une entreprise belge faisant partie du groupe étasunien Blattner, n'a vu qu'une seule de ses concessions légalisée...

Lors de ses missions sur le terrain, Greenpeace a eu vent de nombreux conflits sociaux éclatant dans des zones où ces entreprises sont actives. Il y est plus courant de bafouer le droit des populations locales ou autochtones que de le respecter. Il peut s'agir du non respect de contrats comme de la répression brutale de mouvements de grève. Ces groupes industriels estiment mériter "leurs certificats de durabilité" mais rien ne semble les empêcher d'exporter des volumes très importants d'essences, protégées par des règlements internationaux. Ces groupes sont par ailleurs actifs dans des zones de haut intérêt écologique.

"Il est prématuré de parler de certificats de durabilité, commente An Lambrechts de Greenpeace. Il faut d'abord mettre sur pied une gestion forestière digne de ce nom et pouvoir compter sur des organes de contrôle performants comme il est indispensable de dresser un plan participatif d'aménagement du territoire qui intègre le point de vue des communautés locales. Les autorités belges ont débloqué des fonds pour cela. Ils doivent servir à garantir à tout un chacun que le moratoire ne restera pas lettre morte."

Le maintien des forêts congolaises est capital pour le climat. Ces forêts font partie de l'écosystème forestier du bassin du Congo qui constitue le second massif de forêts tropicales au monde. Elles constituent un atout essentiel pour la séquestration naturelle de gaz à effet à serre. Il convient, à ce propos, de rappeler que la déforestation est, à l'échelon planétaire,  responsable de 20% des émissions de CO2.
C'est pourquoi Greenpeace estime que les activités de l'industrie forestière au Congo doivent être remplacées par des mécanismes de financement qui permettront de protéger la biodiversité, les populations locales et autochtones tout en jouant un rôle clé dans la lutte contre les changements climatiques. Greenpeace espère que des progrès seront enregistrés, lors des négociations internationales sur l'après-Kyoto qui se tiendront, début décembre, à Poznan en Pologne.

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