« Electrabel devrait plutôt balayer devant sa porte »

Le géant énergétique persiste, malgré sa défaite juridique devant la Cour d’Appel de Liège

Communiqué de presse - 28 octobre, 2014
Après 7 ans de procédure, la Cour d’Appel de Liège a rendu un arrêt défavorable à Electrabel, qui avait déposé plainte contre Greenpeace Belgique suite à une série d’actions pacifiques (dont une à Tihange en 2006) menées par l’organisation environnementale. Le géant énergétique a toutefois déjà annoncé sa volonté de déposer – à nouveau – plainte contre Greenpeace Belgique pour intrusion sur le site nucléaire de Tihange en mars 2014. Un comble pour l’organisation environnementale qui estime qu’Electrabel ferait bien mieux de balayer devant sa porte et se soucier des problèmes posés par ses vieux réacteurs nucléaires (fissures, sabotage) au lieu de se focaliser sur les actions pacifiques de Greenpeace.

« Cette nouvelle plainte est totalement absurde », réagit Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique. « Nous avons récemment constaté que la sécurité interne de nos centrales n’était pas garantie. Pourquoi Electrabel ne clarifie-t-il pas le sabotage de Doel 4 ? Et où en est le dossier des microfissures de Doel 3 et Tihange 2 ? La fiabilité de nos vieilles centrales est plus problématique que jamais mais le mystère continue de planer et Electrabel préfère détourner l’attention en se concentrant sur Greenpeace. L’action que nous avons menée en mars à Tihange nous semblait et nous semble toujours plus que légitime. »

Une action non-violente qui ne visait qu’à dénoncer le vieillissement de nos centrales nucléaires et les risques qui y sont liés. Déjà en 2006, Greenpeace avait mené une action pacifique à Tihange, exhortant nos dirigeants politiques à privilégier la voie des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Un an plus tard, suite à cette action (et à d’autres menées au début des années 2000), Electrabel avait déposé plainte dans cinq arrondissements judiciaires, poursuivant Greenpeace pour « association de malfaiteurs », « dégradations » et « intrusion sur site nucléaire ». Seule la dernière citée avait abouti à un procès public.

Le tribunal correctionnel de Huy a toutefois renoncé, en février 2014, à condamner Greenpeace Belgique, son ancien directeur de campagnes et un ancien chargé de campagne énergie/climat pour « intrusion irrégulière » sur le site de la centrale nucléaire de Tihange en 2006.

Et ce matin, la Cour d’Appel de Liège a rendu un arrêt défavorable à Electrabel. Celle-ci a en effet acquitté l’ancien directeur de campagnes et l’ancien chargé de campagne énergie/climat de Greenpeace Belgique. L’organisation environnementale, elle, a fait l’objet d’une déclaration de culpabilité, sans aucune autre conséquence, en raison du dépassement du délai raisonnable.

Enfin, au civil, Electrabel avait estimé le dommage causé par Greenpeace à hauteur de
80 000€. « Mais la Cour a rejeté la demande d’Electrabel et constaté qu’aucun document présenté par Electrabel ne justifiait un éventuel dommage provoqué par Greenpeace », conclut Michel Genet.