70% des citadins wallons respirent un air malsain

Communiqué de presse - 2 octobre, 2018
Pendant un mois, des citoyens ont mesuré la qualité de l’air avec Greenpeace dans six villes wallonnes. Les résultats se révèlent plus inquiétants que ce que rapportent les mesures officielles en matière de dioxyde d'azode. Sur l’ensemble des participants, 60,3% respirent un air médiocre ou de mauvaise qualité et 8,8% respirent même un air de très mauvaise qualité dont les seuils dépassent la limite européenne en la matière. Liège obtient la pire moyenne.

Du 17 août au 14 septembre 2018, une septantaine de particuliers ont mesuré la qualité de l’air dans leur rue, et plus précisément le dioxyde d’azote (NO2), un gaz polluant principalement émis par les voitures diesel. Les participants habitent Tournai, Mons, La Louvière, Charleroi, Namur ou Liège, les six villes les plus peuplées de Wallonie, et résident dans le centre-ville ou le long d’une route où il y a beaucoup de trafic automobile.

“Des gens, des enfants, habitent et circulent tous les jours dans nos villes. Et alors que les autorités wallonnes continuent de nier cette réalité, nous voyons ici la preuve que l'air de nos villes est pollué et menace la santé des concitoyens. Les stations officielles de mesure de la qualité de l’air situées en zones périurbaines ou rurales ne rendent pas compte de la pollution quotidienne à laquelle sont exposés les citadins wallons”, explique Elodie Mertz, experte Qualité de l’air chez Greenpeace.

Les autorités ne peuvent plus nier: l’air wallon est pollué

Les résultats montrent que les citadins wallons respirent un air pollué, ce qui a de nombreux effets néfastes pour leur santé et celle de leurs enfants. [1] Au total, seules 30,9% des personnes ayant participé à l’opération de mesure, respirent un air de bonne qualité ou de qualité acceptable ; 60.3% respirent un air médiocre ou de mauvaise qualité ; et 8.8% respirent carrément un air de très mauvaise qualité dont les seuils dépassent la limite légalement autorisée.

C’est à Liège, Namur et Charleroi qu’on observe les dépassements de la limite légale, et c’est à Namur que la plus haute concentration a été enregistrée : la rue Patenier affiche une pollution annuelle moyenne au NO2 de 58,60 µg/m3. La Wallonie dépasse donc de façon non négligeable la limite européenne à certains endroits. A Liège, la moyenne des différentes mesures s'établit à 37,11 µg/m3 soit à peine sous le seuil européen en la matière. [2]

Aux politiques maintenant d’agir

À cause des chiffres officiels qui se veulent rassurants, les citoyens wallons ne sont pas conscients de la pollution de l’air qui les entoure. C’est à ce motif que Greenpeace a engagé en 2017 une procédure judiciaire contre la Région wallonne. L’organisation accuse la Wallonie de ne pas avoir un réseau de mesure officiel assez représentatif. Les dernières plaidoiries de ce procès, au tribunal de première instance de Namur, auront d’ailleurs lieu ce mardi 2 octobre.

En Flandre, les résultats de la campagne “Curieuze Neuzen” viennent d’être publiés. En partenariat avec les autorités flamandes, 20.000 particuliers ont mesuré la qualité de l’air. “À quand une initiative aussi ambitieuse en Wallonie pour mieux mesurer la pollution de l’air ?, interroge Elodie Mertz. Faudra-t-il que d’autres prennent le rôle des autorités pour informer les citoyens sur la pollution de l’air réelle?”

Greenpeace demande que les décideurs régionaux et locaux mesurent correctement la qualité de l’air et prennent des décisions fortes comme: renforcer les transports en commun et les infrastructures pour piétons et cyclistes, instaurer et imposer des zones à (ultra-)basses émissions et des plans de circulation et, à l’instar de Paris, annoncer une date d’interdiction des moteurs à combustion interne. "Moins de voitures sur nos routes permettrait non seulement d'améliorer la qualité de l'air, mais cela constituerait également une réponse appropriée aux défis climatiques", conclut Elodie Mertz.

Vous pouvez consulter l’ensemble des résultats sur monairmarue.be

Notes:

[1] La limite de l’Union européenne pour le NO2 est la même que la valeur recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), soit 40 µg/m3 de concentration annuelle moyenne. Cependant, pour interpréter les résultats, Greenpeace a pris en compte les recommandations sanitaires les plus récentes qui indiquent que les effets négatifs de la pollution sur la santé sont réels dès le seuil de 20 μg/m³. Lire l’étude Greenpeace: “Respirer est dangereux - Les effets du NO2 sur la santé humaine”. [2] Voici le tableau des résultats moyens obtenus dans chaque ville. Un rapport plus complet est disponible sur simple demande.

Contact: Sarah Jacobs, Attachée de presse de Greenpeace: 0496/26.31.91

Certains citoyens sont d’accord d’être interviewés par la presse. Vous pouvez nous contacter si vous souhaitez parler à l’un de ces citoyens.