Bois illégal : la Belgique n’a plus la moindre excuse !

L’entreprise belge Saelens liée à l’import de bois suspect en France

Communiqué de presse - 24 juin, 2014
L’entreprise belge Saelens a expédié du bois amazonien suspect au Havre. Le régime de contrôle et de sanctions du Règlement Bois de l’UE étant, depuis la semaine passée, finalement effectif en Belgique, Greenpeace demande aux autorités belges de procéder aux contrôles d’usage et, si nécessaire, de prendre les sanctions qui s’imposent.

Récemment publiée au Moniteur belge, la loi sur le Règlement Bois en Union européenne ne peut plus être ignorée ! Les autorités belges n’ont désormais plus aucune excuse. Elles doivent agir et procéder aux contrôles nécessaires auprès d’entreprises qui importent du bois amazonien du Brésil. L’urgence de ces contrôles est de nouveau soulignée à travers le cas de Saelens Trading BVBA : l’entreprise belge a récemment expédié, pour un client français, deux conteneurs de bois amazonien suspect, arrivés le 10 juin au Havre (France). 43m3 de bois massaranduba, d’une valeur de 63 000€, arrivés en droite ligne de l’état brésilien du Pará.

« Or, là-bas, environ 78% de l’exploitation forestière est illégale. Le risque de se retrouver avec une production illégale est donc très élevé », avance Jonas Hulsens, responsable de campagne forêts pour Greenpeace Belgique. « Saelens a beau brandir une liasse de documents pour prouver la légalité de la cargaison, les fraudes massives qui gangrènent le système brésilien de contrôle du bois ne permettent pas de les considérer comme des garanties valables. »

Les certificats présentés par l’entreprise belge contiennent, qui plus est, des incohérences : les données de quatre documents de transaction (entre avril et juillet 2013) ne correspondent en effet pas à la période du permis de coupe (août 2013 à août 2014). Enfin, élément supplémentaire qui renforce le caractère suspect du bois arrivé au Havre : celui-ci a été exporté par Madeireira Rancho da Cabocla. Un criminel environnemental invétéré qui a reçu, ces dernières années au Brésil, pas moins de 20 amendes pour exploitation forestière et commerce illégaux, ainsi que pour falsification d’information présentée au système de contrôle officiel. Rien qu’entre juillet 2009 et janvier 2013, le fournisseur de Saelens été sanctionné à 9 reprises par l’agence environnementale brésilienne IBAMA. Soit plus de 2 millions d’euros d’amende.

Dans le cadre du Règlement Bois de l’UE, les importateurs de bois doivent respecter un « système de diligence raisonnée » : ils doivent collecter des informations sur l’origine du bois, analyser le risque d’illégalité et prendre des mesures pour minimiser ce risque. Le fait que Saelens et son client aientacheté ce bois suspect, malgré les pratique illégales largement répandues à Pará et en Amazonie brésilienne, l’histoire criminelle de Rancho da Cabocla et les incohérences des documents, montre que l’obligation de diligence raisonnée n’a pas été respectée.

« Greenpeace a déjà demandé aux autorités françaises de saisir le bois au Havre mais celles-ci sont restées inactives. Un an après l’entrée en vigueur du Règlement Bois européen, la France ne dispose toujours pas de loi qui implémente les règles européennes et qui donne lieu à un régime de sanctions. En Belgique, par contre, la loi a été publiée au Moniteur belge. Les autorités belges doivent procéder immédiatement aux contrôles du système de diligence raisonnée de Saelens et d’autres importateurs de bois amazonien du Brésil», conclut Jonas Hulsens de Greenpeace.

Notes :
Plus d’information dans notre briefing « La coupe de bois illégal largement répandue dans la région amazonienne du Brésil »