Catastrophe nucléaire à Doel = faillite de la Belgique !

Communiqué de presse - 3 décembre, 2014
Pour la première fois, une étude commandée par Greenpeace calcule l’impact économique d’une catastrophe nucléaire à Doel. 742 à 1412 milliards d’euros seraient nécessaires pour assumer les conséquences d’un tel désastre. Bien trop lourd pour la Belgique, qui serait alors en faillite. Des chiffres publiés alors que la Ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem, doit encore se prononcer sur la prolongation de Doel 1 et Doel 2.

C’est un fait : nos deux centrales nucléaires (Doel et Tihange) sont situées en plein cœur de régions densément peuplées et considérablement développées sur le plan économique. La Belgique, contrairement à la plupart des pays possédant des sites nucléaires sur leur territoire, ne disposait d’aucune étude évaluant les coûts socio-économiques d’une catastrophe nucléaire ! Interpellant.

Nos dirigeants préfèrent-ils se voiler la face ? Après Fukushima, le renommé institut Max Planck a pourtant réévalué le risque réel d’un désastre nucléaire et conclu qu’un tel accident grave était susceptible de se produire tous les 10 à 20 ans. Pire : la revue scientifique Nature a pour sa part dressé un classement des centrales nucléaires à risque sur base de la densité de population vivant aux alentours de chaque site ciblé. Et c’est l’une de nos centrales, Doel, qui se retrouve sur la plus haute marche du podium (Tihange figurant en cinquième position) ! 

Pour Greenpeace, il est dès lors évident que l’impact socio-économique d’une catastrophe nucléaire doit impérativement être estimé. Faute de données officielles existantes, l’organisation environnementale a donc commandé elle-même une étude sur l’impact économique d’un accident nucléaire grave à Doel au bureau Smart Matters. 

Dévoilés aujourd’hui par Bart Martens, ses résultats, chiffres astronomiques à l’appui, donnent le tournis : le coût socio-économique d’un accident grave à Doel serait en effet de 742 à 1412 milliards d’euros ! Soit 200 à 370% du PIB de notre pays. C’est aussi 3 à 7 fois plus que le coût estimé au Japon et près du double du calcul effectué en France. Dans tel cas de figure, la Belgique, qui dispose d’une force économique plus faible que celle de nos voisins français et des Japonais, serait purement et simplement en faillite.

« Cette différence de coûts entre la Belgique, la France et le Japon s’explique par la densité de la population vivant aux alentours des centrales, une densité qui est bien plus importante chez nous », remarque Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique. « Comparé à la situation de Fukushima, près de dix fois plus de personnes, dans un rayon de 20 km, vivent autour de la centrale nucléaire de Doel. » 

Et la responsabilité de l’exploitant de nos centrales, GDF Suez/Electrabel, en cas de désastre  nucléaire ? Elle se limite à 1,2 milliard d'euros. Risible. « Si nos centrales nucléaires sont si sûres, pourquoi ne pas être prêt à assumer l’entière responsabilité des coûts d’un éventuel accident nucléaire ? », conclut Michel Genet. « Nous ne pouvons pas nous permettre de courir un risque aussi phénoménal en basant notre politique énergétique sur le nucléaire. Nos dirigeants politiques ont le devoir de nous assurer un avenir énergétique fiable et durable, basé sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. »

Ce vendredi, la nouvelle Ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem présentera sa note sur la prolongation de Doel 1 et Doel 2 au conseil des ministres. Greenpeace exige que le nouveau gouvernement tienne compte de l’impact socio-économique d’un grave accident nucléaire et qu’il l’intègre dans le débat sur la prolongation de nos vieux réacteurs ainsi que dans tout débat public et politique sur l’énergie nucléaire en Belgique.

A consulter :

« L’impact économique d’une catastrophe nucléaire à Doel », étude (en Néerlandais) de Bart Martens et son résumé (en Français).