Contrats verts d'électricité, pas si verts qu'il n'y paraît

Communiqué de presse - 14 février, 2011
Bruxelles, le 14 février 2011 - L’électricité étiquetée 100% verte ne l’est pas forcément, ou alors dans une certaine mesure. Il en est ainsi par exemple pour les fournisseurs qui offrent des contrats verts à 100% mais qui en même temps investissent dans des centrales nucléaires et des centrales charbon. Greenpeace et Test-Achats ont ensemble analysé la politique d’entreprise de tous les fournisseurs belges en matière d’énergie verte. Ce classement donne au consommateur un aperçu clair de ce que les fournisseurs font pour contribuer au développement de l’énergie verte. Greenpeace et Test-Achats estiment que le consommateur peut, à travers sa liberté de choix, soutenir la politique d’un fournisseur qui investit davantage dans les énergies renouvelables et que le consommateur a droit à davantage de transparence sur la provenance de l’électricité qu’il achète. Les régulateurs et les autorités politiques doivent mettre en place un système qui permette au consommateur de faire un choix durable.

100 % verte, vraiment ?

En Belgique, nombre de fournisseurs d’électricité proposent des contrats comprenant une part plus ou moins importante d’énergie verte, c’est-à-dire provenant de sources renouvelables. Il y a même de plus en plus de formules tarifaires « 100% électricité verte ». Plus d’un client séduit par celles-ci supposera qu’il achète effectivement de l’électricité verte, provenant par exemple d’un parc éolien ou d’une centrale hydraulique, bref produite sans CO2.

Selon la loi, il suffit au fournisseur d’électricité verte de présenter des certificats européens appelés « garanties d’origine ». Ces certificats lui permettent de déclarer qu’il fournit bien de l’électricité verte, du moins pour la partie vendue en Belgique. Ils ne prouvent donc qu’une seule chose : que cette électricité a été produite quelque part en Europe et provient d’une source d’énergie renouvelable – par ex. une centrale hydraulique norvégienne. Ils ne veulent pas dire que le fournisseur possède ou construit ses propres installations de production d’énergie renouvelable. Rien n’empêche d’ailleurs ce dernier d’investir parallèlement dans la production d’énergie grise comme des centrales nucléaires ou dans des centrales à charbon.

Un soutien limité

Dans la pratique, le consommateur qui achète de l’électricité verte n’est donc qu’un tout petit sponsor du « concept vert ». Les certificats européens avec garanties d’origine sont en effet très bon marché. Pour une consommation électrique de 3 500 kWh par an, ce qui correspond à celle d’une famille moyenne, le fournisseur d’énergie ne paie en moyenne qu’1 à 2 € pour obtenir sa « couleur verte » (pour un tarif 100 % vert).

Soyons donc clairs : le mécanisme des garanties d’origine ne contribue que bien peu au développement des énergies renouvelables et à la mise en œuvre de projets de grande envergure dans ce domaine.

Soutenir les énergies renouvelables en choisissant son fournisseur d’électricité

Mais le consommateur peut soutenir la production d’énergie renouvelable d’une autre manière, à savoir en choisissant son fournisseur d’électricité.

Chaque fournisseur mène en effet une politique différente en ce qui concerne l’affectation de ses recettes (environ € 280 par consommateur, pour une consommation annuelle de 3 500 kWh). Ainsi, tel fournisseur accordera davantage d’intérêt à l’énergie renouvelable, tandis que tel autre préférera investir dans les sources d’énergie classiques, plus polluantes, notamment en termes émissions de CO2.

Partant de cette idée, Test-Achats a dressé, en collaboration avec Greenpeace, un comparatif des fournisseurs d’électricité présents en Belgique, et ce, en tenant compte de leur production actuelle et future.

Des coopératives 100 % vertes aux géants énergétiques, en passant par quelques outsiders, 3 catégories

Ecopower, Energie 2030 et Wase Wind sont de petites coopératives qui ont développé une production 100 % verte, provenant essentiellement de l’énergie éolienne.

Les entreprises comme Lampiris, Belpower et Ebem – uniquement en Flandre – obtiennent de moins bons résultats que les coopératives vertes mais ont une belle longueur d’avance sur les grands fournisseurs. Ces outsiders offrent un produit relativement vert, mais loin des 100 % annoncés.

Electrabel, Luminus, Nuon et Essent, quatre entreprises qui appartiennent à de grands groupes européens, voire mondiaux, occupent l’échelon le plus bas de l’échelle environnementale. Elles investissent bel et bien dans l’énergie renouvelable, mais certainement pas assez pour pouvoir prétendre à une étiquette verte. Le consommateur particulièrement soucieux de la protection de l’environnement ne s’adressera pas en priorité à ces fournisseurs pour l’achat de son électricité.

Vers un système transparent

Test-Achats et Greenpeace demandent que le consommateur soit informé de manière plus transparente sur ce qu’il achète exactement. Et bien entendu, que quand il achète une électricité 100% verte, il puisse être certain que son argent sert effectivement à construire et entretenir des centrales de production d’énergie renouvelable.

Plus d’information sur www.test-achats.be/electriciteverte et www.greenpeace.be/electricite-verte