DEME a choisi : l’argent plutôt que l’environnement

Communiqué de presse - 4 août, 2014
La flotte de l’entreprise belge DEME se rapproche de Yamal, en Arctique russe, où elle contribuera à la construction du port Sabetta. L’impact des travaux de dragage qu’elle y effectuera n’a pourtant pas encore été suffisamment étudié. Greenpeace exige de DEME, qui prétend respecter des normes environnementales élevées, qu’elle revoie sa position et annule ses activités arctiques.

Le juteux contrat plutôt que le respect de ses prétendues valeurs. Entre les deux, le cœur de DEME semble ne pas avoir balancé longtemps. L’entreprise belge a en effet pris la direction de l’Arctique russe pour contribuer au projet de Yamal LNG, société en charge de la construction du port Sabetta. Une structure portuaire cruciale pour les Russes, plus que jamais en quête d’exploitation et d’exportation de pétrole et de gaz arctiques. Après avoir relevé toutes les incohérences du projet et les risques qui y sont liés, Greenpeace déplore que DEME n’ait pas annulé ses activités dans la péninsule de Yamal.

« Avec nos collègues du WWF, nous avons rencontré des représentants du groupe DEME », explique Joeri Thijs, responsable de la campagne Arctique pour Greenpeace Belgique. « Ceux-ci nous ont présenté leur plan environnemental et il ne nous a absolument pas convaincus. De nombreux points d’interrogation subsistent, en particulier sur les conséquences qui frapperaient les espèces de baleines menacées vivant dans la région. Et pour nous, il est tout simplement impossible d’opérer de manière durable en Arctique. S’il veut être digne de ses prétendues normes environnementales, le groupe DEME n’a qu’une seule option : se retirer de ce projet ! »

Pour Greenpeace, il est encore plus grave de constater que l’entreprise belge apporte sa pierre à l’édifice russe alors que l’impact potentiel des travaux de dragage dans cette région de l’Arctique demeure incertain.

« Un nouveau rapport d’impact environnemental pour l’ensemble du projet Sabetta doit être publié à la fin de ce mois d’août, avant une consultation publique le mois prochain en Russie », reprend Joeri Thijs. « Il est primordial, pour cette région et son écosystème, d’en tenir compte ! Mais aussi bizarre que cela puisse paraître pour une entreprise comme DEME, celle-ci a fait le choix de ne pas attendre, quitte à s’investir dans un projet destructeur. Nous exigeons qu’elle revoie sa position et annule ses opérations en Arctique. »

Tout aussi absurde : l'assureur-crédit à l'exportation public belge Ducroire a déjà indiqué vouloir soutenir les activités de DEME à Sabetta [1]. Il démontre donc qu’il n’a tiré aucune leçon de ses erreurs du passé, lui qui avait déjà octroyé une garantie à Jan De Nul Group, actif en 2012 et 2013 en Arctique.  

«  Ducroire se contente de passer le flambeau, alors que l’impact environnemental des travaux de DEME en Arctique n’a pas encore été suffisamment analysé. C’est complètement irresponsable. Aucune assurance-crédit, qui plus est avec le soutien du contribuable, ne peut être octroyée pour couvrir des activités aussi risquées que celles de DEME en Arctique. Greenpeace, comme le WWF d'ailleurs, attend des autorités belges qu’elles encouragent la protection du Pôle Nord et non son exploitation et sa destruction. Le Pôle Nord est une région unique, qui joue un rôle clé dans l’équilibre de notre climat. Il doit être préservé », conclut Joeri Thijs.