Du nucléaire, un bunker et des œillères

Communiqué de presse - 22 avril, 2016
N’écoutant pas les remarques de nos voisins, délaissant les acteurs de la société civile, ne voyant l’avenir énergétique belge qu’à travers le nucléaire, la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem cumule les fautes et base sa politique sur des hypothèses ridicules.

L’inquiétude de nos voisins a pris une tournure extrêmement ferme et inédite mercredi quand la ministre de l’Environnement allemande, Barbara Hendricks, a demandé la mise à l’arrêt à tout le moins temporaire de Doel 3 et Tihange 2. Une demande qui s’appuie sur les analyses de l’autorité nucléaire allemande RSK, dont la conclusion est limpide : ces réacteurs ne sont pas suffisamment sûrs en cas de panne. Un camouflet pour leurs collègues belges de l’AFCN qui avaient validé le redémarrage de nos centrales. Un camouflet aussi pour la ministre Marghem qui a basé une bonne partie de l’avenir énergétique de notre pays sur les centrales nucléaires.

Une nouvelle preuve en a été fournie le même jour, lors de la présentation de l’étude d’Elia (le gestionnaire de réseau) sur la sécurité d’approvisionnement en électricité en Belgique pour la période 2017-2027. Le cabinet de la ministre entend faire de cette étude la base de sa future et toujours absente politique énergétique. Or, l’étude est basée sur des hypothèses erronées imposées par Marghem à Elia. « La plus ridicule est celle de la disponibilité à 100% du parc nucléaire belge. Faut-il en rire ou en pleurer ? La réalité est que le parc nucléaire a été disponible à 48% en 2015 ! Et la suite ne présage pas de meilleurs résultats, comme le prouvent notamment la fermeture prolongée de Doel 1 jusque fin mai et l’arrêt inopiné de Doel 3 survenu hier après-midi »,  insiste Jan Vande Putte, expert nucléaire chez Greenpeace Belgique.

Une autre hypothèse irréaliste imposée par le cabinet Marghem ignore tout développement marquant du photovoltaïque. « Il s’agit pourtant du futur de l’énergie : il est mature sur le plan technologique et ses coûts vont chuter, le faisant devenir un acteur incontournable du marché de l’électricité », souligne Jan Vande Putte. Ces hypothèses erronées ont bien entendu influencé le résultat de l’étude. Une étude qui ne pourra être commentée que durant un délai extrêmement court.

Multipliant les fautes, mettant la population belge en danger par son incompétence et ses choix, effrayant jusqu’à nos voisins, la ministre Marghem ne semble pas à la hauteur des défis énergétiques auxquels la Belgique doit faire face. Greenpeace demande donc au Premier ministre de répondre aux requêtes allemandes : de fermer Doel 3 et Tihange 2 immédiatement, et de prendre ce dossier à bras le corps, pour éviter que l’avenir de la Belgique ne s’écrive dans un bunker et avec des oeillères.

Contacts :
Jan Vande Putte, expert Energie chez Greenpeace : +32 496 16 15 84
Thomas Leroy, attaché de presse de Greenpeace : +32 496 26 31 91