Greenpeace exige des mesures structurelles en matière d’énergie

Communiqué de presse - 10 septembre, 2014
Greenpeace n’accepte pas le fait que l’avenir énergétique de ce pays ne soit pas pris au sérieux. Les négociateurs semblent prêts à renoncer à la mise en œuvre, en collaboration avec les Régions, des indispensables mesures énergétiques structurelles qui offriront à notre pays un avenir énergétique propre et durable. De plus, prolonger la durée de vie de Doel 1 et Doel 2 ne constitue nullement une solution pour les deux prochains hivers.

Greenpeace a appris que les négociateurs avaient conclu un pré-accord pour prolonger de trois ans, et peut-être même davantage, la durée de vie de Doel 1 et Doel 2. Ont-ils été victimes d’un black-out ? Pour l’organisation environnementale, telle décision est  totalement irresponsable.

« Prolonger la durée de vie de Doel 1 et Doel 2 n’offre pas de solution à nos problèmes énergétiques à court terme », selon Michel Genet. « Pas pour cet hiver et pas non plus pour les deux hivers suivants. C’est une solution de pacotille, destinée à jeter de la poudre aux yeux de la population. Et pendant ce temps, notre sécurité d’approvisionnement est à nouveau menacée. »

Le prochain gouvernement doit respecter, comme prévu, la loi de sortie sur le nucléaire pour ainsi créer un climat d’investissement stable sur le plan énergétique. D’un point de vue technique et juridique, la prolongation de la durée de vie est un processus complexe : nécessité de commander des combustibles spécifiques, de songer aux révisions, à l’octroi des autorisations... Il apparait donc fort improbable que Doel 1 et Doel 2 puissent fournir de l’électricité lors des hivers 2015 et 2016. Et sur le plan international, nous n’avons aucune expérience d’un maintien en vie de réacteurs de ce type pour 50 ans.

Le gouvernement fédéral a déjà commis une faute en 2013 en faisant aveuglément confiance à l’AFCN. Celle-ci a, à tort, donné une autorisation pour redémarrer Doel 3 et Tihange 2. Les nécessaires mesures pour garantir l’approvisionnement sont de ce fait devenues moins urgentes, nous confrontant aujourd’hui à des problèmes énergétiques. Mais les négociateurs ne tirent pas les leçons du passé. Ils envisagent de nouveau de prolonger la durée de vie de réacteurs vétustes. Et de nouveau, cette décision est basée sur des informations douteuses et des suppositions.

Cette prolongation de la durée de vie aura uniquement lieu si Electrabel est en mesure de garantir que les réacteurs vétustes livreront de l’électricité pour ces trois prochains hivers. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour savoir qu’Electrabel demandera pour cela des garanties financières, comme la révision de la rente nucléaire et le maintien de son régime fiscal avantageux.

Des mesures structurelles, telles que les économies d’énergie et la promotion des énergies renouvelables restent, en outre, quasiment absentes du plan supposé nous garantir une sécurité d’approvisionnement. Une coopération entre le fédéral et les Régions est pourtant nécessaire dans ce cas de figure. Car si la sécurité d’approvisionnement énergétique relève de la compétence fédérale, l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables relèvent des compétences régionales. De quelle manière les différents niveaux de pouvoir parviendront-ils à travailler main dans la main ? Aucune mention n’a été faite à cet égard...

Greenpeace demande qu’on abandonne définitivement la piste de la prolongation de la durée de vie de Doel 1et Doel 2. Nos problèmes énergétiques sont la conséquence d’un système électrique qui dépend pour une bonne moitié de grandes centrales nucléaires vieillissantes. Il est urgent d’investir pleinement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables

Tags