L’Allemagne, exemple à suivre pour la politique énergétique belge ?

Communiqué de presse - 26 juin, 2015
Sur le plan énergétique, l’Allemagne est un modèle. Cette évidence est ressortie du congrès sur la transition énergétique allemande organisé ce vendredi au Parlement fédéral par Greenpeace, le WWF et Bond Beter Leefmilieu.

"En Allemagne, les sources d'énergie verte ont pour la première fois dépassé les autres fournisseurs d'électricité en 2014, alors qu'en Belgique, les investissements dans les énergies renouvelables restent à la traîne. Il est grand temps d’inverser cette tendance. Une transition énergétique belge est non seulement nécessaire pour le climat, mais elle offrirait également des opportunités économiques très importantes", affirment les organisations environnementales.

L’Allemagne ferme ses centrales nucléaires et joue la carte des énergies renouvelables. Les Allemands veulent qui plus est réduire leurs émissions de CO2 de manière significative. Le contraste entre cette voie d’avenir et la politique énergétique belge est frappant. Notre politique énergétique souffre depuis de nombreuses années d’un profond marasme causé par un manque de vision à long terme. Les investissements dans la production d’énergie renouvelable restent à la traîne. Et le débat s’enlise dans des querelles sur la prolongation de centrales nucléaires anciennes et peu fiables.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2014, les énergies renouvelables constituaient 27,3 % de la production d’électricité allemande. Une part de 65 % d’électricité verte d’ici 2035 semble être à portée de main. En Belgique, la part d’électricité verte n’était que de 12,3% en 2013. "Si nous continuons de la sorte, nous produirons seulement 28 % de notre électricité à partir d’énergie renouvelable en 2030. Si nous optons plutôt pour une politique durable, alors nous pourrons produire 54 % d’électricité renouvelable en 2030", dit Juliette Boulet de Greenpeace.

Les organisations environnementales fustigent surtout la lenteur des investissements dans l’énergie solaire (voir graphique ci-dessous). "Bien que le prix des panneaux solaires ait baissé à un point tel qu’ils sont désormais rentables sans subventions, le nombre de nouvelles installations a connu l’an dernier un niveau historiquement bas. Ce phénomène est principalement dû à des changements politiques incessants et à une perception incorrecte du coût des panneaux solaires", ajoute Juliette Boulet de Greenpeace.

En Allemagne, la transition énergétique profite pourtant aussi à l’économie du pays. À ce jour, les énergies renouvelables ont déjà créé 371 000 emplois en Allemagne. C’est près d’un tiers de tous les emplois du secteur au sein de l’Union européenne. En outre, l’Allemagne compte cinq sociétés dans le top 20 mondial du secteur de l’énergie éolienne.

Et chez nous ? Une politique énergétique claire et tournée vers l’avenir doit voir le jour. Les organisations environnementales soutiennent la demande de plus en plus populaire d’un accord énergétique définissant clairement la politique énergétique belge. La transition énergétique allemande devrait lui servir de référence. "Fermer progressivement les centrales nucléaires et jouer à fond la carte des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique est la seule façon de garantir une énergie durable, sûre et abordable", conclut Olivier Beys du WWF.



Marché des panneaux solaires en Belgique en MWc (à fin 2014), source : APERe, CWAPE, VREG.