La Belgique est gouvernée par des climato-sceptiques

Action de Greenpeace à Bruxelles, Namur, Charleroi, Tournai, Anvers et Gand

Communiqué de presse - 22 septembre, 2015
Nos ministres du climat Marie-Christine Marghem, Joke Schauvliege, Céline Fremault et Paul Furlan sont sur la même longueur d’ondes : ils ne croient pas vraiment au réchauffement climatique. Un constat dénoncé aujourd’hui par Greenpeace au travers d’une action créative. L’organisation environnementale a en effet placé 21 panneaux ciblant le climato-scepticisme de nos quatre ministres dans des fontaines et autres cours d’eau à Bruxelles, Namur, Charleroi, Tournai, Anvers et Gand [1]. Des endroits symbolisant la montée des eaux et le changement climatique.

Sur chaque panneau, on aperçoit le portrait d’un de nos quatre ministres en charge de la politique climatique, accompagné du slogan "I don’t really believe in global warming" ("Je ne crois pas vraiment au réchauffement climatique").

Par cette action, Greenpeace fustige l’immobilisme qui caractérise la politique climatique belge. Tandis que le monde entier se prépare à l’important sommet climatique de Paris (30/11 – 11/12) et que la révolution énergétique se matérialise par de investissements massifs dans les énergies renouvelables en Chine, en Europe, aux Etats-Unis ou encore en Inde, nos ministres, eux, préfèrent visiblement rester dans le déni.

A Paris, les 196 nations représentées devront s’accorder sur les actions climatiques à entreprendre après 2020. Mais notre pays, lui, n’est même pas certain d’atteindre les faibles objectifs qui avaient été fixés par l’Union européenne pour lutter contre les changements climatiques d’ici 2020. Pire : il n’existe toujours pas d’accord entre les Régions et le fédéral sur la répartition des efforts à accomplir pour atteindre ces objectifs européens.

"Notre pays ne dispose pas de politique climatique coordonnée et n’a aucune vision énergétique, comme le montre son manque de volonté pour développer des alternatives durables telles que les énergies renouvelables. Pour Greenpeace, c’est donc clair: nos ministres ne croient pas vraiment au réchauffement climatique. A eux de prouver le contraire en prenant enfin le problème au sérieux", dit Juliette Boulet, chargée de campagne climat/énergie chez Greenpeace Belgique.

Six ans de blocage climatique, sans le moindre accord intra-belge, se sont écoulés. Quand bien même nos ministres trouveraient (enfin) un terrain d’entente dans les prochaines semaines, il ne s’agirait nullement d’une victoire dans l’optique du sommet de Paris. Mais juste d’un devoir qui aurait dû être fait il y a longtemps. Pour Greenpeace, un accord climatique intra-belge ne doit être que le point de départ d’une politique climat/énergie ambitieuse, faisant la part belle au développement des énergies renouvelables.

"Nous attendons de nos ministres qu’ils se sortent les mains des poches et qu’ils fassent enfin leur boulot climatique [2], autrement qu’en collectant les clics sur Internet. Le manque de vision énergétique de notre pays, cette sur-dépendance prolongée au nucléaire ainsi que le faible soutien aux énergies renouvelables bloquent les investissements nécessaires à la transition énergétique. Les solutions alternatives sont pourtant prêtes : les énergies solaires et éoliennes n’ont jamais été aussi compétitives et matures [3]. Il est temps d’agir maintenant", conclut Juliette Boulet.

Notes :
[1] Consultez notre carte pour localiser les panneaux.
[2] Plus d’info sur les querelles climatiques belges dans cette note de la Plateforme Justice Climatique, dont fait partie Greenpeace.
[3] Voir le nouveau scénario énergétique international publié hier par Greenpeace.