"La communauté internationale doit sauver la Grande Barrière de corail"

Communiqué de presse - 15 juin, 2015
Dans deux semaines, des délégués de l’UNESCO se réuniront en Allemagne pour évoquer l’avenir de Grande Barrière de corail. Greenpeace lance un appel à la communauté internationale pour sauver le plus grand récif corallien du monde.

"Le gouvernement australien n’assure pas la protection de la Grande Barrière de corail, mais le reste du monde, lui, peut y arriver", déclare Jess Panegyres, conseillère politique Greenpeace pour la région Australie-Pacifique. "La Grande Barrière est inscrite au patrimoine mondial mais le soutien persistant du gouvernement australien au développement de l’industrie minière et des ports le long du récif la met en danger."

L’expansion du charbon telle que validée par l’Australie conduira à davantage de trafic et de dragage autour de la Grande Barrière de corail. Un soutien aux énergies fossiles qui contribue également au changement climatique. La menace est donc double pour le récif corallien.

Greg Hunt, ministre australien de l’environnement, a d’ailleurs reconnu que, sans la pression du grand public, le gouvernement n’aurait rien fait pour aborder les menaces grandissantes qui planent sur ce site classé. Une pétition mondiale lancée aujourd’hui et comptant d’ores et déjà des signatures de 175 pays demande à l’UNESCO de maintenir la pression sur le gouvernement australien. Car celui-ci doit en faire bien plus.

Pour Greenpeace, le gouvernement Abbott trompe le grand public et les délégués de l’UNESCO sur toute une série de questions liées à l’état de santé de la Grande Barrière :

- le ministre australien de l’environnement a affirmé à la télévision que seule une "quantité infime" de débris serait déchargée dans la Grande Barrière de corail, alors qu’il s’agit en fait d’un million de mètres cubes par an ;

- Greg Hunt a également soutenu que "le projet de décision de l’UNESCO reflète nos actions concrètes et décisives en vue de protéger l’emblématique Grande Barrière de corail ainsi que nos efforts significatifs afin de répondre à toutes les préoccupations du comité", alors qu’en réalité le rapport de l’UNESCO "note avec inquiétude les conclusions du rapport 2014 sur l’avenir de la Grande Barrière selon lesquelles la perspective globale pour le bien est mauvaise, et que le changement climatique, la mauvaise qualité des eaux et les impacts du développement côtier constituent de graves menaces pour l’état du bien, et regrette que les principaux habitats, espèces et processus des écosystèmes dans les zones côtières centrale et sud aient continué à se détériorer en raison des effets cumulatifs de ces impacts" ;

- le plan 2050 pour la Barrière du gouvernement Abbott n’empêche pas le développement massif de ports à charbon le long du récif, ce qui risque d’endommager irrémédiablement la "valeur universelle exceptionnelle" de la Barrière ;

- le gouvernement Abbott prétend que la qualité de l’eau s’améliore et que les objectifs de nettoyage des rejets agricoles sont atteints... Cependant, un rapport de l’auditeur général du Queensland publié la semaine dernière révèle que les objectifs en termes de qualité de l’eau ne sont pas remplis, que les résultats sont très médiocres et que l’incertitude persiste pour l’avenir ;

- le gouvernement australien annonce qu’il consacrera 2 milliards $ à la Grande Barrière, dont 200 millions $ de financement supplémentaire. Or, ces ressources seront étirées sur une période de 10 ans, englobent des engagements préexistants des gouvernements du Queensland et australien, et un quart d’entre elles – 500 millions $ – est réservé aux mesures de sécurité sur les bateaux. Bien que la sécurité en mer soit importante, cet argent ne peut pas être comptabilisé aux fins de protection de la Grande Barrière.

"Tony Abbott est obsédé par l’expansion du charbon et refuse d’agir contre le changement climatique. La Grande Barrière de corail a pourtant déjà largement souffert, perdant plus de la moitié de ses coraux au cours des 30 dernières années", conclut Jess Panegyres. "La communauté internationale peut toutefois la préserver ! La réunion de l’UNESCO dans deux semaines doit d’ailleurs aller dans ce sens. Plus que jamais, nous demandons à la communauté internationale de faire entendre sa voix et d’exiger du gouvernement australien qu’il privilégie la santé de la Grande Barrière à l’expansion du charbon."