Marghem vendue à Electrabel

Communiqué de presse - 18 juin, 2015
Des activistes de Greenpeace ont mené une action au Parlement. Ils y ont dénoncé les pratiques de la ministre Marghem pour prolonger coûte que coûte Doel 1 et Doel 2 jusque 2025 et réclament des alternatives énergétiques durables.

Greenpeace ne pouvait pas rester les bras croisés. La mascarade énergétique a trop duré. Alors que le projet de loi pour prolonger Doel 1 et Doel 2 jusque 2025 doit être voté ce jeudi au Parlement, des activistes de Greenpeace ont déployé des bannières en séance plénière. Leur message est adressé à la ministre Marghem : "No more lies, clean energy now".

Que les partis de la majorité envisagent de voter sans vergogne la prolongation des vieux réacteurs de Doel 1 et Doel 2 est révélateur du manque de vision énergétique de notre pays. Et du peu de considération qu’ils ont pour le citoyen belge. Greenpeace ne peut accepter que nos dirigeants soient "vendus" à Electrabel. L’organisation environnementale n’hésitera pas, si nécessaire, à examiner les possibilités de recours, à l’instar d’une plainte au Comité d’application de la Convention d’Espoo.

Car le projet de loi de la ministre Marghem est illégal et anti-démocratique. Les avis du Conseil d’Etat sont formels à ce sujet : le projet de loi actuel pour prolonger Doel 1 et Doel 2 ne respecte pas les conventions internationales d’Espoo et d’Aarhus, qui impliquent une étude d’incidence environnementale et une consultation publique en cas de prolongation de vieux réacteurs nucléaires [1].

"La ministre Marghem et ce gouvernement se croient visiblement au-dessus de leurs obligations internationales", dit Juliette Boulet de Greenpeace. "La ministre n’a pas hésité à mentir au Parlement, à plagier et à adapter à sa guise un avis d’un bureau d’avocats indépendants. Elle ignore également les recommandations du Conseil d’Etat, dénigre cette instance extrêmement respectée et préfère réduire la population belge au silence. Tout ça au profit du nucléaire et d’Electrabel. Nous ne pouvons l’accepter. Une Ministre doit elle aussi  respecter des règles internationales."

Pour Greenpeace, ce projet de loi pour prolonger Doel 1 et Doel 2 est également contreproductif et dangereux. Nos vieilles centrales sont à la base des problèmes de sécurité d’approvisionnement en Belgique. Les maintenir en activité plus longtemps n’apportera aucune solution cet hiver (leur disponibilité s’annonçant plus que compromise vu le retard accumulé sur l’agenda politique) et ne fera qu’empirer la situation à plus long terme. Qu’attend donc la ministre pour élaborer un véritable plan B ? Pourquoi ne pas profiter d’une interconnexion renforcée avec les Pays-Bas afin de garantir notre sécurité d’approvisionnement à court terme ?

"Au lieu d’opter pour des alternatives durables comme le renouvelable et l’efficacité énergétique, la ministre Marghem organise elle-même le black-out en s’accrochant coûte que coûte à une énergie révolue et non-fiable", conclut Juliette Boulet.

Notes :

[1] En décembre 2014, Greenpeace avait assigné l’Etat Belge pour non-respect de ses obligations dans le cadre des conventions d’Aarhus et d’Espoo. Le tribunal de première instance a toutefois récemment choisi de ne pas se prononcer sur le fond du dossier. Greenpeace fera appel.

- Aperçu des mensonges et erreurs de la Ministre Marghem : #Marghem : parcours d’une kamikaze