Un plan de délestage symptomatique d’une politique énergétique désastreuse

Communiqué de presse - 3 septembre, 2014
Le plan de délestage, présenté aujourd’hui par le Ministre de l'Intérieur Melchior Wathelet (CDH) est symptomatique de notre politique énergétique : manquant de vision à plus long terme, il ne s’attache qu’à l’hiver 2014-2015, alors que la Belgique connaîtra des problèmes d’approvisionnement énergétique lors des trois prochains hivers.

« Le plan de délestage présenté ce midi est symptomatique de la politique énergétique catastrophique de notre pays. La vision à long terme fait défaut à tous points de vue. La Belgique n’aura pas uniquement des problèmes d’approvisionnement énergétique cet hiver mais également lors des deux suivants ! Le devoir de notre gouvernement est de nous assurer une sécurité d’approvisionnement énergétique jusqu’en 2017. Mais où sont les mesures structurelles qui nous permettront d’atteindre cet objectif ? Demandez à la population d’éteindre sa télévision, par exemple, est risible », affirme Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique.

Mesures complémentaires à court terme

La Belgique dispose encore d’un potentiel énorme en matière d’économie. Greenpeace exige que le plan de délestage soit complété par des économies d’énergie, notamment au niveau de l’éclairage national. Greenpeace attend aussi des gestionnaires du réseau de distribution qu’ils soient plus actifs en matière de « demand-side-management » pour les entreprises, le secteur tertiaire et les ménages.

Pas de prolongation de la durée de vie

L’énergie nucléaire est un problème, pas une solution. Doel 3 et Tihange 2 doivent être fermés définitivement. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que la Belgique n’a pas mené de politique énergétique digne de ce nom depuis des années et parce qu’elle a maintenu en place le monopole de GDF Suez. Pour Greenpeace, prolonger la durée de vie des réacteurs obsolètes, dont la date limite de fonctionnement est dépassée depuis longtemps, n’est pas une option. En raison de notre trop grande dépendance vis-à-vis de cette technologie dépassée et peu fiable, notre sécurité d’approvisionnement continuera à être menacée. Et en raison de l’incertitude qui demeure par rapport à la fermeture des réacteurs, les investisseurs rechignent à investir dans les énergies renouvelables ou les centrales au gaz.

Accord énergétique

Greenpeace veut que le gouvernement fédéral s’attelle maintenant à la mise en œuvre d’un accord énergétique national, qui soit porté par de vastes pans de la société et qui cadre avec les objectifs européens pour 2030. Pour Greenpeace, il est crucial d’assurer une croissance stable des énergies renouvelables et d’imposer les économies d’énergie. Il faudra aussi prévoir, temporairement, suffisamment de centrales au gaz flexibles et investir dans le développement de l’interconnexion. C’est ainsi que la Belgique pourra jouer un rôle pionnier dans le développement d’un système électrique européen.

Note :
Greenpeace demande aux négociateurs de reprendre les points suivants dans l’accord de gouvernement