Accueillir des déchets nucléaires à Fleurus-Farciennes ?

Les associations de protection de l'environnement crient « STOP ! »

Communiqué de presse - 20 février, 2006
Le projet d’accueillir des déchets nucléaires à Fleurus-Farciennes est irresponsable. C’est la conclusion à laquelle les organisations de protection de l’environnement, associées au comité des riverains, aboutissent après une étude attentive des informations relatives à ce dossier. Les associations demandent aux conseillers communaux des deux entités, qui doivent se prononcer sur le sujet ce 23 février, d'assumer leur responsabilité en votant contre ce projet dangereux tant pour la santé et la sécurité des habitants que pour l'environnement.

Greenpeace mène action devant la centrale nucléaire de Tihange pour commémorer le dixième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.

L'énergie nucléaire est chère, dangereuse et inacceptable d'un point devue social. C'est la raison pour laquelle les organisationsenvironnementales plaident depuis des années contre son utilisation.Loin d'être une solution énergétique pour demain, le nucléaire créeplus de problèmes qu'il n'en résout. Un de ces problèmes réside en laproduction de déchets, qui restent radioactifs pendant des centaines,voire des milliers d'années, et pour lesquels il n'existe, après plusde cinquante ans de recherche, toujours aucune solution réelle.

Les raisons qui motivent la demande des associations environnementalesde rejeter le projet de stockage de déchets radioactifs àFleurus-Farciennes (1) tiennent tant aux spécificités de celui-ci qu'àla question de la gestion des déchets nucléaires en général:

  • L'avant-projet comporte des risques importants pour lespopulations concernées. Le lieu de stockage envisagé est, en effet,particulièrement inadapté et dangereux, se situant dans une zonedensément peuplée, au-dessus d'anciennes mines, dans une régionsismiquement sensible et avec une nappe phréatique affleurante.
  • La radioactivité réelle et effective des déchets qui serontaccueillis n'a pas été déterminée à ce stade de l'avant-projet,empêchant la population (qui n'a d'ailleurs pas encore pu s'exprimerdans le cadre d'une consultation populaire) et le Conseil Communal dese positionner en toute connaissance de cause.
  • L'avant-projet envisagé à Fleurus-Farciennes prévoit un stockagevertical définitif des déchets, qui seraient coulés dans du béton. Cecihandicaperait à la fois leur surveillance, une intervention en cas deproblème et surtout un traitement futur par d'autres techniques quecelles aujourd'hui connues.
  • Le site prévu est éloigné des principaux lieux de production dedéchets nucléaires, multipliant inutilement les risques en matière detransport et de manutention de la matière radioactive.
  • Les compensations financières que font miroiter les autoritésfédérales peuvent sembler attrayantes pour les budgets communaux, maisles communes ne disposent d'aucune garantie quant à la disponibilité deces fonds.

« Avant même la constitution du 'Partenariat Local Fleurus-Farciennes'(PaLoFF), l'Organisme national belge des déchets radioactifs et desmatières fissiles enrichies (ONDRAF) déclarait qu'au terme del'avant-projet, il ne devait plus subsister d'incertitudes techniquesimportantes (2), précise Mikaël Angé, d'Inter-Environnement Wallonie.Or, de nombreuses questions restent à ce jour sans réponse, notammentconcernant les caractéristiques du sous-sol et d'hydrologie, mais aussila nature des déchets. »

C'est pour ces raisons que Greenpeace et Inter-Environnement Wallonie,associés au comité des riverains, ont récemment adressé une lettre auxreprésentants démocratiquement élus de la population de Fleurus et deFarciennes, en leur demandant de bloquer le projet.

«D'un point de vue démocratique, il est inadmissible de demander auxcommunes de Fleurus et Farciennes leur accord avant que les questionsen matière de radioactivité réelle des déchets n'aient été éclaircies ,souligne Gabriele Saporosi, du Comité de vigilance Fleurus-Farciennes.La santé de nos concitoyens et celle des générations à venir ne peuventêtre monnayées contre d'hypothétiques compensations financières. »

En matière de gestion des déchets nucléaires existants, lesassociations environnementales préconisent d'opter pour le stockage surles lieux de production. Ce stockage doit être 'réversible', afin depermettre un traitement des déchets dans l'hypothèse où la connaissancetechnique évoluerait et une surveillance étroite des déchets, notammenten cas de fuite radioactive.

Pour Jean-François Fauconnier, de Greenpeace, « vu que ce projetengagerait les générations futures pour plusieurs centaines d'années,la responsabilité des conseillers communaux est particulièrementimportante. Pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est aussitemps que la Belgique tourne définitivement la page du nucléaire. »

Notes:

(1)Par projet, il faut entendre le document proposé à l'adoption du Conseil communal, c'est-à-dire « l'Avant-projet intégré de dépôt final de déchets radioactifs de catégorie A à Fleurus-Farciennes ».

(2)Etudes relatives à l'implantation éventuelle d'un dépôt pour déchets radioactifs de catégorie A à Fleurus-Farciennes, septembre 2002.