Greenpeace appelle le CD&V à réaffirmer la sortie du nucléaire

Communiqué de presse - 22 mai, 2007
Greenpeace a déposé aujourd'hui un fût d'une dizaine de kilos de boue radioactive devant le siège du CD&V, rue de la loi. La boue contaminée provient des rives de la Molse Nete. D'après des mesures effectuées par un laboratoire français et le CEN (Centre d'Etude de l'énergie Nucléaire) à Mol, la boue est à ce point polluée qu'elle doit, selon les normes juridiques en vigueur, être considérée comme un déchet radioactif. Via cette action, Greenpeace appelle le CD&V à corriger sa position en matière d'énergie nucléaire et à confirmer la loi sur la sortie du nucléaire.

Greenpeace prélève des échantillons et mesure la pollution radioactive de la boue dans la Molse Nete.

Ace jour, le CD&V est (avec la liste Dedecker) le seul partidémocratique qui souhaite à tout prix prolonger ladurée de vie des centrales nucléaires, même sides alternatives propres sont disponibles en suffisance. Il n'existepourtant aucune solution pour les déchets radioactifs. Quelque120 tonnes de déchets hautement radioactifs sont produits tousles ans dans les centrales nucléaires belges. Ceux-ciresteront radioactifs pendant des millions d'années, génèrentd'importants coûts de traitement (1) et hypothèquentdonc lourdement les générations futures. Bref, on nepeut pas parler d'un exemple de bonne gestion.

Entre-temps,les problèmes liés aux déchets radioactifscontinuent à s'accumuler. Depuis plus de cinquante ans, deseaux usées radioactives sont déversées dans laMolse Nete, en Campine. Ces eaux proviennent du traitement desdéchets radioactifs, de la recherche nucléaire et de laproduction de combustibles nucléaires. Greenpeace a notammentpris des échantillons de sédiments déposéssur les rives, et cela à une distance éloignéede plus de trois kilomètres du point de déversement deBelgoprocess (où sont traités les déchetsradioactifs belges) dans la Molse Nete. Elle les a ensuite faitanalyser par le laboratoire français ACRO et le CEN lui-même.Il ressort des analyses de laboratoire que les rives sont à cepoint polluées qu'elles doivent, selon les normes européennes,être considérées comme des déchetsradioactifs. Ceci implique un danger réel pour les vacancierset les riverains s'aventurant sur les berges. Le problème dela Molse Nete n'est pas nouveau et représente malheureusementun énième exemple des problèmes généréspar l'exploitation de l'énergie nucléaire dans notrepays.

"Leplaidoyer du CD&V pour prolonger la durée de vie desvieilles centrales nucléaires n'est pas seulement dangereux:ce prolongement menace aussi le développement des formesdurables de production d'électricité comme les énergiesrenouvelables, la cogénération et l'efficacitéénergétique", préciseFawaz Al Bitar, responsable de la campagne Climat/Energie pourGreenpeace. A long terme, l'énergie renouvelable encombinaison avec des mesures d'efficacité énergétiquesont les seules options réalistes pour lutter contre leschangements climatiques. La fermeture des trois plus anciens et pluspetits réacteurs d'ici 2015 (2) peut être aisémentcompensée par les projets qui devraient être concrétisésd'ici 2011 (3).

L'incertitudepermanente quant à la sortie du nucléaire nuit auxinvestissements, effraie les concurrents, freine la modernisation dusecteur de l'électricité et hypothèque lacontribution belge à la réalisation des objectifseuropéens en matière climatique (4). Il ne s'agit passeulement d'une mauvaise chose pour l'environnement, mais aussi pourl'économie et l'emploi. On ne peut de nouveau pas parler debonne gestion.

Greenpeaceinvite le CD&V à collaborer à l'avènementd'un secteur de l'électricité moderne, propre etcompétitif. Cinquante ans d'énergie nucléaireont causé bon nombre de dégâts (environnementaux)et ont engendré des coûts extrêmement importants àcharge du consommateur. Aujourd'hui, il est grand temps de s'atteleren priorité à la fermeture définitive descentrales nucléaires.