Certains pourront bientôt choisir leur fournisseur d'électricité

L'occasion d'opter pour un courant écologique

Communiqué de presse - 30 janvier, 2003
Bruxelles, le 30 janvier 2003: Greenpeace publie un classement des fournisseurs d'électricité présents sur le marché en Flandre, libéralisé pour les ménages au 1er juillet prochain. L'objectif de ce classement est de faire la distinction entre des fournisseurs proposant du courant ayant un impact plus ou moins limité sur l'environnement. Greenpeace propose également aux consommateurs (toutes régions confondues) d'affirmer leur intention de se fournir auprès d'un fournisseur proposant de l'électricité respectueuse de l'environnement.

La libéralisation du marché de l'électricité a pour corollaire que le consommateur sera amené à choisir dorénavant son fournisseur. La qualité du produit (son impact minimal sur l'environnement) prend donc une place prépondérante. Aussi, Greenpeace a développé un site permettant aux consommateurs de trouver l'information nécessaire à ce choix. Informations et classement des fournisseurs sont disponibles sur le site bilingue www.greenpeace.be/energie.

Trois critères ont permis d'établir ce classement : le mix-énergétique, la politique d'investissement et la fourniture de services énergétiques. L'évaluation des entreprises sur ces critères est en outre détaillée dans des fiches individuelles.

"Les résultats illustrent de grandes différences, commente Valéry Paternotte, allant des compagnies les plus polluantes (comme la française EdF, classée 'rouge ') jusqu'aux compagnies les plus propres comme Ecopower, qui livre de l'éolien et qui est par conséquent cataloguée 'verte' . Ceux de la catégorie 'orange' (e.a. Luminus, Nuon et Wattplus) affichent un score positif mais ne font pas d'efforts décisifs pour la protection de l'environnement. Notons qu'Electrabel est la meilleure de sa catégorie (rouge) grâce aux efforts fournis en matière de services énergétiques, conclut le responsable de la cellule Energie de Greenpeace."

Au-delà de l'information des consommateurs, cet exercice permet d'interpeller le marché et le politique. « Malgré des dispositions légales, il est toujours difficile d'obtenir avec précision des informations relatives aux mix énergétiques, s'étonne Valéry Paternotte. Un sondage réalisé l'été dernier montrait que plus de 80% des Belges interrogés opteraient (à prix égal) pour de l'électricité éolienne plutôt que nucléaire. La demande dépasse l'offre, il est temps d'investir, conclut Valéry Paternotte."».

Greenpeace invite par ailleurs les consommateurs à faire pression sur le politique afin que soit mis un terme aux avantages accordés aux énergies polluantes. "L'électricité polluante est toujours avantagée sur le plan financier. Comment? Les réacteurs nucléaires vieillissants sont à peine assurés contre le risque gigantesque qu'ils constituent. Les coûts considérables engendrés par les changements climatiques ne sont pas compris dans le prix du kWh d'une centrale alimentée aux combustibles fossiles. La France subventionne l'exportation de son énergie nucléaire, notamment vers la Belgique. Par conséquent, l'électricité verte est clairement désavantagée et sa croissance est ralentie." Greenpeace demande entre autres au ministre Stevaert, responsable pour l'Energie en Flandre, de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin à cette concurrence déloyale.

Greenpeace souligne encore que l'utilité de ces informations dépasse le seul marché flamand et rappelle que le décret wallon organisant le marché régional de l'électricité, autorise (article 27) les ménages à opter pour de l'électricité verte. L'offre en Région wallonne est tout aussi insuffisante. Greenpeace invite par conséquent le consommateur wallon à manifester son souhait d'acheter de l'électricité verte, notamment via la déclaration d'intention à signer sur son site www.greenpeace.be/energie. Le consommateur bruxellois peut lui aussi participer à cette dynamique en faveur des énergies renouvelables. Affirmer la demande permet d'influencer l'offre, notamment via la politique d'investissement des producteurs.