Climat: les partis au pouvoir mangeront-ils leur parole?

Communiqué de presse - 22 octobre, 2007
Des militants de Greenpeace – brandissant une banderole interrogeant : « Vers un gouvernement anti-climat ? » - ont rejoint la rue de la Loi pour y manifester leur inquiétude quant à la tournure que prennent les négociations gouvernementales en matière de lutte contre les changements climatiques. Ils déplorent particulièrement l’absence d’ambition et de vision dont semblent faire preuve les négociateurs face à ce défi planétaire. Il est évident que les négociateurs doivent faire preuve d’un dernier sursaut pour tenir leurs promesses électorales en intégrant la lutte contre les changements climatiques à l’accord gouvernemental… Le climat lui, n’attendra pas.

Greenpeacea procédé en avril dernier à l'inventaire des intentions pré-électorales de l'ensemble des partisdémocratiques du pays, en matière de climat et depolitique énergétique. A l'époque,l'unanimité prévalait, tous envisageaient sereinementl'adoption d'objectifs ambitieux en ce qui concerne lesréductions de gaz à effet de serre, les énergiesrenouvelables et l'efficacité énergétique. Lessocialistes et les verts soutenaient sans ambiguïté laloi sur la sortie du nucléaire qui n'était pas remiseen question par les libéraux ou le cdH…

Quelques mois plus tard, l'analyse de la note produite dans le courant dumois d'août par le formateur Leterme laisse peu d'espoirquant à la traduction de ces promesses électorales enactes. En effet, que reste-t-il de leurs belles intentions:

Réductionsdes gaz à effet de serre (GES), de renouvelables ou encore d’efficacité énergétique? Difficile de trouver dans les projets du futur gouvernement lamoindre allusion à des objectifs clairs à moyen terme(après 2012). Au lieu de cela, la Belgique laisseentendre qu'elle ne pourra pas contribuer de manièresignificative à l'engagement européen en la matière.Le GIEC (groupe d'experts des Nations unies travaillant sur leclimat) a calculé que les pays industrialisés doiventréduire les émissions de GES de 30% minimum àl'horizon 2020. Il n'y a qu'à ce prix que l'on pourraéviter les lourdes conséquences des changementsclimatiques. Pour Greenpeace, la Belgique doit s'aligner sur cetobjectif de 30% et viser à 20% d'économiessupplémentaires sur sa consommation énergétique(d'ici 2020). Sa production d'énergie doit reposer, en 2020,au minimum sur 15 à 20% de sources énergétiquesrenouvelables.

En matière de renouvelableset d’efficacité énergétique? Où sont les mesures concrètes attendues ? Pouratteindre les objectifs voulus, Greenpeace préconise que laBelgique soutienne le développement d'un grand parc éolienoffshore en mer du Nord et du réseau nécessaire pour yêtre connecté. En ce qui concerne l'efficacitéénergétique, il est temps de s'atteler à ladéfinition de normes minimales pour les appareils électriques.A titre d'exemple, la Belgique pourrait interdire rapidement lesampoules classiques particulièrement énergivores. Cetteinterdiction, facile à implémenter permettrait àla Belgique de réaliser 10% des objectifs contractésdans le cadre du protocole de Kyoto.

En ce qui concerne la confirmationde la loi sur la sortie du nucléaire? Dans ce domaine aussi, c'est le flou artistique qui est de mise.Sans raison apparente, les négociateurs envisagent de revoirla date de fermeture de certains réacteurs. En maintenant leflou, la note du formateur Leterme décourage lesinvestissements futurs dans des énergies renouvelables et desmesures d'efficacité énergétiques, les seulesà permettre de faire face de manière durable auxchangements climatiques. Greenpeace demande dès lors laconfirmation définitive de la loi sur la sortie du nucléaire.

En ce qui concerne les profitsindûment accumulés par Electrabel lors de l’amortissement accéléré de ses centrales? La note Leterme manque à ce propos de transparence notammentquant au timing de la récupération de ces sommesgigantesques et à l'affectation de ces fonds qui devraientêtre prioritairement utilisés à la recherche etaux investissements en renouvelables et en mesures d'efficacitéénergétique. Letravail des négociateurs sur ces points semble inexistant.Quant à la contribution belge aux objectifs européenpour les GES, il n'en est plus question. Pas plus que l'on netravaille à l'instauration d'un climat favorable auxinvestissements dans les secteurs des renouvelables et del'efficacité énergétique. LaBelgique est en droit d'attendre unrevirement radical dans la teneur des négociations. Elle n'arien à gagner d'un gouvernement anti-climat,refusant de mettre en œuvre des mesures concrètes pour faireface aux changements climatiques.