La lutte contre les changements climatiques passe aussi par la réforme d’institutions comme le Ducroire

Thailande: un Belge participe à une action visant à interrompre la construction d’une centrale au charbon construite avec le soutien de la Belgique

Communiqué de presse - 7 décembre, 2005
Jean-François Fauconnier – qui effectue en ce moment une mission centrée sur le climat et le développement des énergies renouvelables en Asie; à bord du Rainbow Warrior – participe depuis ce matin à l’action entamée par une vingtaine de militants de Greenpeace, originaires d'une dizaine de pays, sur les grues de déchargement de la centrale au charbon de Map Ta Phut (province de Rayong/Thaïlande). L’objectif de cette action spectaculaire est de rappeler que le continent asiatique doit entrer, comme le reste du monde, dans l’ère des énergies propres. Jean-François Fauconnier déplore le rôle joué par la Belgique qui – via l’Office national du Ducroire et le soutien accordé à la société Jan De Nul – a rendu possible l’accès et l’approvisionnement en charbon de cette centrale.

Action entamée par une vingtaine de militants de Greenpeace, originaires d'une dizaine de pays, sur les grues de déchargement de la centrale au charbon de Map Ta Phut

Le dossier 'Map Ta Phut' a été présenté fin octobre 2005 au Parlementfédéral belge dans le cadre d'auditions autour de la nécessaire réformedu Ducroire. Deux représentants de la société civile thaïlandaise y ontexposé leurs préoccupations concernant la construction de cettecentrale au charbon d'une puissance de 1.347 MW.  En matière declimat, le charbon est de loin le combustible le plus polluant.  Aelle seule, la centrale de Map Ta Phut va augmenter de 7% les émissionsde CO2 de la Thaïlande.  Une situation inacceptable alors que lemonde entre de plein pied dans l'ère Kyoto. Au niveau local, lesconséquences sont néfastes tant pour la population (émission depolluants atmosphériques) que pour l'environnement (e.a. érosioncôtière).

Pour rappel, plusieurs projets de loi concernant le Ducroire sontactuellement en cours d'examen au Parlement (1). Tous visent à réformerle Ducroire dans le sens d'une prise en compte de critères écologiqueset sociaux dans le choix des projets soutenus par l'assureur-crédit.

«Alors que les négociations sur la deuxième phase du protocole de Kyotose poursuivent jusqu'au 9 décembre à Montréal, il est essentiel decomprendre, précise depuis la Thaïlande Jean-François Fauconnier, queles pays industrialisés ont une double responsabilité. Ils doivent nonseulement s'engager à diminuer drastiquement leurs propres émissions degaz à effet de serre, mais ils doivent également cesser de soutenir desprojets polluants à l'étranger par le biais des assureurs-crédits commele Ducroire ou des institutions financières internationales.»

En janvier 2005, Greenpeace publiait le rapport « Exportation de lapollution: la face cachée de la politique climatique belge » etdémontrait que, suite au soutien accordé par le Ducroire à des projetspolluants, la Belgique stimulait hors de ses frontières vingt fois plusd'émissions de gaz à effet serre qu'elle ne s'apprête à économiser surson territoire. (2)

«Si l'on veut rester crédible quand on parle de lutte contre leschangements climatiques, il faut avoir le courage de réformer lefonctionnement de ses propres institutions. En Asie comme en Europe, lepotentiel des énergies renouvelables est immense. Ce sont ces énergiesqui doivent bénéficier des flux de capitaux internationaux » conclutJean-François Fauconnier.

Le Rainbow Warrior effectue une tournée de plusieurs semaines en Asie.Cette mission vise à documenter les impacts des changements climatiquessur ce continent et à mettre en évidence le potentiel des renouvelablescomme l'éolien et la biomasse. La construction de la centrale aucharbon de Map Ta Phut va à contre-courant de ce mouvement. Lesmilitants de Greenpeace demandent l'interruption de la construction decette centrale polluante.

Notes:

1. Ces projets sont proposés par ECOLO, le sp.a et le CD&V. Le Forum pour la paix, Proyecto Gato, Netwerk Vlaanderen et Greenpeace ont également lancé une action en justice afin d'obtenir plus de transparence dans le fonctionnement du Ducroire. Communiqués de presse antérieurs sur www.greenpeace.be

2. Rapport disponible via le lien: http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/fr/press/reports/exportation-de-la-pollution-l.pdfDans ce rapport, Greenpeace a pu établir la comparaison suivante : la Belgique s’apprête à économiser 54,86 millions de tonnes de CO2- équivalent entre 1990 et la période 2008-2012; depuis la signature du Protocole de Kyoto (1997), le Ducroire a accordé des crédits à l’exportation pour des projets qui, au cours de leur durée de vie, provoqueront l’émission cumulative de 1.324,1 millions de tonnes de CO2.