Historique : Greenpeace et l'industrie de la pêche protègent l'Arctique

Communiqué de presse - 25 mai, 2016
Aujourd’hui, quelques-unes des plus grandes sociétés de pêche et de vente de poissons et de fruits de mer se sont engagées à ne pas étendre leur recherche de cabillaud à une vaste zone située au nord de la mer de Barents, jadis recouverte de glace [1]. La superficie de cette zone fait deux fois la taille de celle de la France. Parmi ces sociétés : McDonald’s, Iglo, Findus, Tesco, Fiskebåt - qui représente l’ensemble de la flotte de pêche de haute mer norvégienne -, les pêcheurs russes de Karat Group ainsi que le plus grand transformateur de poisson congelé, Espersen.

Cet accord sans précédent conduit par Greenpeace amène pour la première fois le secteur à imposer volontairement des limites à la pêche industrielle en Arctique. Cela signifie qu’aucune compagnie de pêche qui s’aventurerait dans les eaux préservées de l’Arctique ne pourrait revendre ses cabillauds aux principales marques et revendeurs de produits de la mer.

Aucun régime juridique spécifique n’a encore été mis en place pour protéger ces zones jadis recouvertes par la banquise. L’enjeu consiste désormais pour l’industrie à respecter ce nouvel engagement, de sorte que ses produits n’engendrent pas la destruction de l’Arctique.

Le responsable de campagne belge de Greenpeace Mathieu Soete commente ainsi la déclaration des sociétés signataires de l’accord :

"Ce jour, McDonald’s, Espersen, Young’s Seafood ainsi qu’Iglo, Findus et Birds Eye et de nombreuses autres sociétés ont pris des mesures, ensemble et en collaboration avec les industrie de la pêche norvégienne et russe, afin de préserver une immense zone marine de l’Arctique. En l’absence d’une véritable protection juridique des eaux glacées du nord de la mer de Barents, il s’agit là d’une initiative sans précédent dans le chef de l’industrie des produits de la mer dans son ensemble."

En mars, il est ressorti des investigations de Greenpeace que la fonte de la glace de mer en Arctique permettait à de grands chalutiers destructeurs de s’aventurer dans des zones « de grande valeur écologique » auparavant couvertes de glace [2]. Le rapport publié par Greenpeace explique pourquoi les marques alimentaires de renommée mondiale et les détaillants qui achetaient du cabillaud provenant de la mer de Barents risquaient de voir leur chaîne d’approvisionnement entachée par la destruction de l’Arctique.

Dans cette région qui abrite l’archipel du Svalbard, également surnommé « les îles Galápagos de l’Arctique », vivent des animaux vulnérables tels que l’ours polaire, la baleine boréale et le requin du Groenland. Au moins 70 % du cabillaud atlantique qui se retrouve dans une assiette provient de la mer de Barents.

"Ce mouvement volontaire et sans précédent par l'industrie des produits de la mer met en lumière l'absence actuelle de politique ambitieuse en vue de protéger l'Arctique. Maintenant, il revient au gouvernement norvégien de se mettre au diapason des compagnies et de protéger à long terme cette région du monde jusqu'alors préservée", souligne Mathieu Soete.

Greenpeace exhorte le gouvernement norvégien à protéger cette zone unique et vulnérable des eaux arctiques norvégiennes et à tenir compte de la résistance croissante à l’exploitation sans merci du fragile environnement arctique dont témoignent non seulement des millions d’individus, mais aussi le monde des affaires [3].

Cette déclaration suit de quelques semaines l’enregistrement d’un nouveau record atteint par la banquise arctique, qui n’a jamais été aussi restreinte au plus fort de l’hiver. Le recul sans précédent de la banquise laisse de vastes étendues d’eau découvertes plus longtemps, et il faut d’urgence assurer leur protection juridique pour remplacer la protection que leur offrait auparavant ce bouclier de glace.

Le challenge pour ces compagnies va maintenant être de respecter leur engagement. Les yeux du monde sont sur l'Arctique. Cet été, le navire de Greenpeace Arctic Sunrise se rendra dans l’Arctique pour continuer à veiller sur les zones désormais à l’abri de l’exploitation, afin de s’assurer que toute l’industrie de la pêche respecte ses engagements.

Notes:

1) Voici un lien vers la déclaration (en anglais) :
http://www.greenpeace.org/international/Global/sweden/Arktis/Industry%20Group%20Statement%2025th%20May%202016.pdf

2) Lien vers le rapport « This far, no further » (« Jusqu’ici, pas plus loin »), en anglais :http://www.greenpeace.org/international/en/publications/Campaign-reports/Climate-Reports/This-Far-No-Further/

3) En vertu de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, la Norvège a l’obligation, vis-à-vis de la communauté internationale, de protéger au moins 10 % de sa superficie maritime d’ici 2020, mais elle en est encore très loin, puisque moins de 1 % de sa superficie maritime est actuellement protégée. Le 23 mai, le parlement norvégien a demandé à son gouvernement de mettre en place un plan pour assurer la protection des eaux norvégiennes.