Greenpeace présente ses meilleurs voeux à la Commission Nationale Climat

Happy New Year... 2050?

Communiqué de presse - 18 décembre, 2003
Passera-t-on le réveillon de la Saint-Sylvestre 2050 les pieds dans l'eau ? C'est aujourd'hui que l'irréparable peut être évité Ce midi, une douzaine de militants de Greenpeace ont présenté leurs voeux pour 2050 à la Commission Nationale Climat. (1) Habillés en hommes et femmes-grenouilles, ils entendaient symboliser les risques encourus par la population belge si aucune politique ambitieuse de lutte contre les changements climatiques n'est mise en place par nos dirigeants (2). Ces 'voeux pour un futur au sec' étaient accompagnés d'une liste de bonnes résolutions pour 2004.

Greenpeace vous présente ses meilleurs voeux pour 2050.

Conformément à l'accord gouvernemental, Greenpeace attend du gouvernement belge - cette année encore - une répartition entre l'Etat fédéral et les Régions des réductions d'émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto. Cela fait plus de cinq ans que la Belgique a ratifié Kyoto. A ce jour, aucune piste sérieuse n'a été développée pour concrétiser ses objectifs (3). Ceux-ci ne représentent pourtant qu'un premier pas dans la bonne direction: pour éviter la catastrophe climatique, des réductions d'émissions de l'ordre de 80% seront nécessaires d'ici à 2050.

Préoccupée par la question « Comment vivrons-nous en 2050? », Greenpeace entend rappeler aux membres de la Commission Nationale Climat les engagements figurant dans l'accord gouvernemental, à savoir la répartition - avant la fin 2003 - de l'effort de réduction des émissions entre l'Etat fédéral et les différentes régions du pays. Cinq années n'ont visiblement pas suffi à éviter l'obstacle communautaire. Cet attentisme est d'autant moins acceptable que des pistes existent pour réaliser - sans léser l'économie - les premiers engagements « Kyoto » pris par la Belgique.

« Nous savons par exemple que la Belgique est très peu performante en matière d'efficacité énergétique et en queue de peloton européen au niveau des énergies renouvelables. La solution est donc à la portée de nos dirigeants », estime Jean-François Fauconnier, de la campagne 'Climat' de Greenpeace. « A eux de développer les outils politiques qui permettront à la Belgique de rattraper son retard dans ces deux domaines, essentiels pour la lutte contre les changements climatiques. L'Europe a récemment indiqué qu'à politique inchangée, la Belgique dépasserait ses objectifs de Kyoto de près de 23% (4). L'impulsion politique qui fait jusqu'ici cruellement défaut est donc essentielle si nous voulons épargner l'environnement, mais aussi l'économie. »

« Nous profitons de cette période de fin d'année pour inciter la Commission Nationale Climat à oeuvrer à la mise en place rapide des premiers objectifs de Kyoto, mais nous l'invitons également à se pencher rapidement sur la mise en oeuvre d'une politique climatique axée sur le long terme. Au-delà de l'attribution de quotas aux différentes régions du pays, il ne faut pas perdre de vue qu'une réduction de l'ordre de 80% à l'horizon 2050 sera nécessaire pour éviter des changements climatiques dangereux. Les dérèglements climatiques en cours sont déjà suffisamment préoccupants pour ne plus perdre de temps (5). »

Ces derniers mois, les responsables belges se sont contentés de lancer des brûlots là où de véritables mesures sont nécessaires.

« Au lieu de s'attaquer au problème à la source et de prôner des mesures internes permettant de prévenir les changements climatiques, Fientje Moerman, ministre de l'Energie, propose par exemple de rendre l'assurance 'calamités' obligatoire pour tous. Nous pensons au contraire que c'est l'ensemble du gouvernement belge qui doit prendre une assurance contre les changements climatiques, en se montrant ambitieux et responsable. En matière d'énergie, un changement de mentalité et l'adaptation de nos technologies ne sont pas incompatibles avec la bonne marche de l'économie », conclut Jean-François Fauconnier.

Une lutte efficace contre les changements climatiques passe non seulement par la mise en place d'une politique déterminée en matière d'efficacité énergétique et d'économie d'énergie, mais aussi par la promotion des énergies renouvelables, un secteur qui est par essence générateur d'emplois (6). La mise en place d'une politique climatique active assurerait également à la Belgique une plus grande autonomie énergétique.

Notes: 1. Cette commission, annoncée pour septembre, a officiellement été mise en place le 8 décembre dernier. Elle réunit des représentants des gouvernements fédéral et régionaux.2. Les scientifiques prévoient entre autres une augmentation de 25% des précipitations en hiver et une recrudescence des inondations.3. Une réduction de 7,5% de nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2008-2012 (par rapport à 1990).4. Communiqué de la Commission européenne du 2 décembre 2003.5. L'OMS estime à 150.000 le nombre de décès annuels déjà imputables au réchauffement climatique et prévoit une augmentation de ce chiffre si rien n'est entrepris. L'industrie de l'assurance estime pour sa part que les catastrophes naturelles, pour la plupart provoquées par des événements climatiques extrêmes, ont coûté en 2003 quelque 60 milliards de dollars. A elle seule, la vague de chaleur de l'été 2003 en Europe a coûté plus de 10 milliards de dollars en pertes agricoles (dépêche AFP, 10 décembre 2003).6. Un rapport récent publié par Greenpeace - disponible sur www.greenpeace.be - précise par exemple qu'à investissement égal, l'éolien crée cinq fois plus d'emplois que le nucléaire tout en produisant 2,3 fois plus d'électricité.

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