Kyoto, je t´aime moi non plus : Guy Verhofstadt retourne sa veste en matière de climat

30% de réductions d´émissions d´ici 2020,

Communiqué de presse - 4 mars, 2005
Guy Verhofstadt aurait-il la mémoire courte ? Le 16 février dernier (jour de l´entrée en vigueur de Kyoto), il s´est en effet engagé publiquement aux côtés de Bruno Tobback, ministre fédéral de l´Environnement, à mettre en œuvre cet accord international de lutte contre les changements climatiques. Mais dès que l´occasion lui en est donnée, il fait volte-face et s´oppose à ce que la Belgique soutienne les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d´ici 2020 de la Présidence européenne. Les associations de protection de l´environnement demandent au Premier ministre de se rallier à des objectifs européens ambitieux à moyen et long termes, et de concrétiser la politique belge en matière de protection du climat.

Plus de 60 enfants et adolescents on rencontré le ministre de l?Environnement Bruno Tobback et le Premier ministre Guy Verhofstadt dans le Parc de Bruxelles.

Le 10 mars prochain, le Conseil des ministres européens de l´Environnement doit arrêter des objectifs de réductions d´émissions de gaz à effet de serre pour les moyen et long termes (2020 et 2050). Ces objectifs serviront de base aux conclusions du Sommet européen du printemps (22 et 23 mars). Lors des discussions préliminaires, notre pays a adopté une attitude pour le moins ambiguë : il soutient l´objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre à long terme (-60 à -80% d´ici 2050), mais - à la demande du Premier ministre et sous la pression du gouvernement flamand - s´oppose activement à l´objectif de réduction des émissions de 15-30% d´ici 2020 proposé par la Présidence luxembourgeoise.

Or, seuls des niveaux de réductions des émissions de minimum 30% d´ici 2020 et de 80% d´ici 2050 dans les pays industrialisés permettront de maintenir la hausse de température sous la barre des 2ºC et ainsi, de limiter au maximum les impacts des changements climatiques. L´attitude du gouvernement est d´autant plus incompréhensible que l´ensemble des représentants belges au Parlement européen, toutes formations politiques confondues, ont récemment voté une résolution en faveur de telles réductions d´émissions (1).

La Belgique - qui doit arrêter sa position en la matière lundi prochain, le 7 mars - peut encore éviter de freiner la bonne marche de Kyoto. Les associations de protection de l´environnement demandent au gouvernement de concrétiser les bonnes intentions affichées il y a un an déjà par le Premier ministre Verhofstadt (2), plus récemment par le ministre Tobback (3), et répétées à l´occasion de l´entrée en vigueur de Kyoto. La lutte contre les changements climatiques mérite plus que de l´opportunisme politique.

« La Belgique doit de toute urgence mettre de l´ordre dans sa politique climatique. Les nombreuses incohérences ne la rendent pas crédible », souligne Jean-François Fauconnier, spécialiste des changements climatiques chez Greenpeace. «Notre pays doit soutenir des objectifs européens ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et se doter sans plus tarder d´une stratégie de protection du climat à long terme.»

Pour Geoffroy De Schutter, du WWF, « il est également urgent de mettre en œuvre les mesures pour répondre aux premiers objectifs de Kyoto. La Belgique a un des niveaux d´émissions de gaz à effet de serre par habitant les plus élevés au monde. La marge de progression est donc énorme, mais pour l´instant, le gouvernement préfère tergiverser. »

Notes: (1)Résolution du Parlement européen P6_TA-PROV(2005)0005.(2)Lors du Conseil des ministres d´Ostende de mars 2004.(3)Lors de la dixième conférence des parties (COP10) de la Convention des Nations Unies sur le Climat, en décembre 2004.

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