L’Energy Package de l’Union européenne:contenu peu emballant dans un joli paquet cadeau…

Communiqué de presse - 9 janvier, 2007
Avec beaucoup d’effets d’annonce (et quelques fuites), l’Union européenne dévoilera demain son Energy Package. Les spécialistes de Greenpeace ont examiné ce cadeau de début d’année à l’emballage prometteur mais au contenu décevant. Ils ont détaillé leur point de vue ce matin lors d’un point de presse.

Si la Commission européenne reconnaît l'urgence de la lutte contre les changements climatiques, la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et de relancer la compétitivité des entreprises, elle semble cependant incapable de s'inscrire dans une autre dynamique que celle de notre modèle énergétique actuel, tout en admettant que ce modèle est onéreux et non durable.

« Ce qui nous inquiète particulièrement, c'est l'attitude adoptée par la Commission européenne en matière d'énergies renouvelables, pour lesquelles elle envisage une révision des mesures existantes et ce, au détriment des investissements dans ce secteur prometteur, commente Fawaz Al Bitar de la campagne Climat/Energie de Greenpeace. La 'Renewable Energy Roadmap' propose d'imposer un objectif global pour les renouvelables applicable indifféremment aux secteurs de l'électricité, des transports et à celui du chauffage et de la réfrigération. Il s'agit d'une rupture avec l'option d'objectifs par secteur qui a pourtant démontré toute son efficacité. »

La Commission tente par ailleurs d'accorder un ballon d'oxygène au charbon (la technologie la plus polluante et la moins efficace) en misant sur des techniques de capture et de stockage du carbone (CCS) applicables à la production d'électricité mais qui n'ont pas encore fait leurs preuves. Ces techniques ne seront pas testées correctement avant une dizaine d'années et dans l'hypothèse où leur efficacité serait d��montrée, il faudrait encore dix ans avant de généraliser leur application.

« La Commission ignore les coûts financiers liés à la capture et au stockage du carbone, les risques d'échec, notamment suite à des fuites. En envisageant ces possibilités, elle détourne l'attention des investisseurs d'options propres comme les renouvelables et l'efficacité énergétique. Ces options nous garantissent par ailleurs une plus grande indépendance énergétique. »

L'emballage de l'Energy Package a le mérite d'accentuer la nécessité pour les pays développés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30%  à l'horizon 2020. Cependant, il est loin d'être établi que la Commission recommande cet objectif pour la réduction de ses propres émissions. Cela fait maintenant une décennie que l'Union européenne préconise de maintenir l'augmentation de la température planétaire sous les 2 degrés Celsius. Pour y arriver, c'est précisément de 30% qu'il faudrait réduire nos émissions de gaz à effet de serre (d'ici 2020). Certains états membres ont d'ores et déjà suggéré l'adoption de cet objectif. Il s'agit de l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, la France et la Suède.

 « Si l'on en croit la rumeur, la Commission recommanderait la réduction d'à peine 20% de nos gaz à effet de serre d'ici à 2020. Si cela devait être confirmé, l'Europe commettrait une erreur scientifique et politique. L'Union européenne indiquerait ainsi qu'elle n'est pas prête à prendre les mesures qui s'imposent pour lutter efficacement contre les changements climatiques et leurs impacts dévastateurs, poursuit Mahi Sideridou, de la cellule européenne de Greenpeace. L'Union perdrait son temps en futilités sans voir qu'il y a le feu au lac planétaire… »

En matière de nucléaire, la Commission européenne propose de nouvelles négociations liées aux questions de sécurité et réitère sa position selon laquelle le nucléaire -sujet à bien des controverses - doit être envisagé au niveau des états membres. Pour Greenpeace, le nucléaire reste une ressource énergétique polluante, dangereuse et onéreuse et il n'y a pas d'autre issue que d'envisager rapidement son phase out.