La Belgique défend une démolition navale saine

La Belgique, détentrice d'une voix à l'OMI suit l'ouverture européenne

Communiqué de presse - 20 juin, 2003
Bruxelles, le 20 juin 2003: Madame Onkelinx, ministre de l'Emploi et responsable fédérale des Transports, a accepté la cloche d'un navire démantelé à Alang (Inde) qu'une délégation de travailleurs asiatiques était venue lui remettre. Elle s'est montrée particulièrement attentive à leurs témoignages évoquant les conditions de travail insalubres et irrespectueuses de l'environnement, observées sur les chantiers de démolition navale asiatiques (Inde et Bangladesh). Après l'action menée dans la journée d'hier sur le bâtiment du Berlaymont, Greenpeace se réjouit du point de vue progressiste que la Belgique adoptera en vue de la prochaine réunion de l'Organisation maritime internationale (OMI/Londres 14-18 juillet) en matière de démolition navale. Si les promesses engrangées dans la journée d'hier se concrétisent, l'Europe pourrait jouer un rôle clé au sein de l'OMI dans l'assainissement de ce secteur appelé à un développement considérable, notamment suite à l'adaptation de la législation européenne sur les pétroliers à simple coque.

Bateau tiré sur la plage pour y être démantelé

C'est à l'issue de la journée d'action d'hier que la délégation de travailleurs asiatiques a été reçue avec Greenpeace par la Ministre Laurette Onkelinx, responsable fédérale pour les Transports maritimes. Lors de cette rencontre, la Ministre Onkelinx a exposé la position constructive que la Belgique compte adopter en vue de la prochaine réunion de l'OMI. La ministre s'est engagée à tenter de rallier les autres pays européens à ce point de vue progressif, notamment lors de la réunion préparatoire qui se tiendra le 8 juillet prochain. Cette réunion préparatoire sera placée sous la Présidence italienne qui a également accepté de recevoir Greenpeace et la délégation de travailleurs asiatiques.

La ministre Onkelinx a souligné à plusieurs reprises l'importance de la Convention de Bâle. Pour la ministre belge, il est indéniable que cette convention qui porte sur le transport transfrontalier de déchets toxiques s'applique au secteur maritime. Un point de vue que l'industrie navale refuse aujourd'hui encore d'appliquer pour les bateaux chargés de matières toxiques (amiante, Pcb, huiles, hydrocarbures) qu'elle envoie à la casse. Les déclarations de la ministre belge responsable des Transports maritimes font écho à la position courageuse adoptée dans la journée d'hier par la Commission européenne, exprimée par la voix de sa Commissaire à l'Environnement, Margot Wällstrom. Cette dernière a affirmé à plusieurs reprises la volonté européenne de prendre un certain nombre d'initiatives dans le dossier. La Commissaire à l'Environnement a annoncé son intention de s'adresser à chaque pays membre pour les inciter à mettre en oeuvre cette législation (Convention de Bâle et sa transposition en droit européen).