Le monde entier attend votre feu vert, M. Poutine!

En lui offrant un stylo géant pour son 51ème anniversaire, Greenpeace invite le Président russe à ratifier Kyoto

Communiqué de presse - 7 octobre, 2003
Bruxelles/Moscou, le 7 octobre 2003 – à l’occasion du 51ème anniversaire du Président Poutine, des activistes de Greenpeace lui ont présenté – à Bruxelles et un peu partout dans le monde - des cartes de vœux en lui demandant de ratifier d’urgence le protocole de Kyoto. Joyeux anniversaire, Monsieur Poutine. Ratifiez Kyoto, pouvait-on lire sur les cartes d’anniversaire qui lui ont été transmises. Menant la délégation de Greenpeace en Belgique, Jean-François Fauconnier a rappelé la nécessité de mettre rapidement en œuvre cet accord, seul instrument international de lutte contre les changements climatiques.

Sauvez notre climat!

C'est également aujourd'hui que le Président Poutine doit rencontrer le Chancelier allemand Schroeder à Moscou. A cette occasion, on s'attend à ce que M. Schroeder remette au Président russe un message des pays du G8 ayant ratifié Kyoto, demandant à la Russie de faire de même. Le mois dernier, Greenpeace et le WWF ont écrit au Chancelier Schroeder, ainsi qu'aux dirigeants du Japon, du Canada, du Royaume-Uni, de l'Italie et de la France, leur demandant de tout mettre en œuvre pour obtenir la ratification du protocole de Kyoto par la Russie. Lors du sommet mondial de Johannesburg, en 2002, le Premier Ministre russe Kassianov a affirmé que la Russie ratifierait 'bientôt' le protocole. Par la suite, le Président Poutine a confirmé cette intention. Depuis lors cependant, le processus de ratification par la Russie est bloqué au niveau politique.

Partout dans le monde, les changements climatiques deviennent une réalité. On estime que ceux-ci provoquent déjà la mort de 160.000 personnes chaque année. En Europe, l'été 2003 a été le plus chaud des 500 dernières années, rappelle Jean-François Fauconnier, de Greenpeace. La Russie ne sera pas épargnée. Le permafrost, ce sol gelé qui couvre environ 2/3 du territoire russe, commence à montrer des signes de fonte, ce qui causera des dommages aux forêts, aux bâtiments et à l'infrastructure économique. La productivité de l'agriculture russe pourrait être réduite de 10 à 40% et des maladies infectieuses toucheront plus que probablement la population.

Il y a maintenant plus de trois ans que la Russie examine la ratification du protocole de Kyoto. S'il attend davantage, M. Poutine endossera une lourde responsabilité : celle du déraillement de tout le processus. Vu les impacts potentiellement catastrophiques des changements climatiques, l'attentisme du Président Poutine constitue une menace supplémentaire pour la planète, poursuit Jean-François Fauconnier. En évitant de se ranger aux côtés de George Bush, la Russie peut jouer un rôle historique dans la sauvegarde du climat. Le choix de la Russie est en effet crucial : les premiers objectifs de réduction de CO2 définis par le protocole de Kyoto ne constituent qu'une étape dans la solution de ce problème planétaire. Une réduction de 80% des émissions de CO2 par les pays industrialisés d'ici 2050 est nécessaire pour éviter des dérèglements qui coûteront la vie à de nombreux êtres humains et qui auront un coût économique considérable.Toute tergiversation supplémentaire de la communauté internationale ne ferait qu'alourdir la facture climatique.