Nouvel accord gouvernemental: peut mieux faire, selon Greenpeace!

On n'arrivera pas à atteindre les objectifs de Kyoto

Communiqué de presse - 8 juillet, 2003
Greenpeace est relativement satisfaite du contenu de l'accord gouvernemental qui vient d'être voté. Le chapitre consacré à l'environnement, la mobilité et le développement durable contient un certain nombre de promesses qui, si elles sont concrétisées, apporteront une réelle contribution au concept de développement durable, a déclaré Wendel Trio, directeur de campagnes de Greenpeace.

Greenpeace adopte une position plutôt critique sur les paragraphes consacrés au Protocole de Kyoto visant à combattre les changements climatiques. Greenpeace a toujours affirmé que les normes de Kyoto sont largement insuffisantes pour combattre le réchauffement de la planète. Les gouvernements précédents ne sont pas parvenus à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, et encore moins à s'approcher des objectifs de Kyoto. Les promesses mentionnées dans l'accord gouvernemental ne sont pas plus qu'une somme de mesures diverses figurant - pour bon nombre d'entre elles - dans divers plans déjà existants. Ces mesures restent largement insuffisantes et mèneront - dans le meilleur des cas - à une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre, pas à la réduction nécessaire. La Belgique ne remplira pas elle-même ses obligations dans le cadre du Protocole de Kyoto. Le gouvernement préfère faire appel à des mécanismes du Protocole qui permettent d'acquérir les surplus dégagés par les économies d'émissions réalisées dans d'autres pays, souligne Wendel Trio. Nous espérions du gouvernement qu'il prenne des mesures plus drastiques, telles que l'adoption d'une taxe sur le CO². Au lieu ce cela, il s'efface devant ses responsabilités.

Greenpeace se réjouit de la décision prise par les politiques de ne plus remettre en question la sortie du nucléaire. L'énergie nucléaire constitue un mode de production d'énergie dépassé. Dorénavant, la Belgique doit exploiter pleinement les énergies renouvelables. Si nous voulons être créatifs et solidaires, c'est là la seule option valable, selon Wendel Trio.

Greenpeace regrette par contre la partie de l'accord consacrée à la biodiversité et à la protection des dernières forêts anciennes de la planète. Dans une version précédente de l'accord, il était clairement mentionné que le gouvernement encouragerait, pour ses besoins propres, l'achat de bois porteur du label FSC. Ce label garantit que le bois a été prélevé dans des forêts exploitées de façon responsable, selon des critères très spécifiques soutenus par les organisations environnementales. Sous la pression de l'industrie du bois, qui estime que ce label est beaucoup trop sévère, le gouvernement plaide maintenant pour le respect d'un certain nombre de règles qui ne garantissent absolument pas que le bois a été prélevé dans des forêts gérées de façon responsable sur les plans social et écologique.

Greenpeace espère par ailleurs que le gouvernement concrétisera ses promesses en matière de collaboration internationale et de promotion du développement durable. Greenpeace est une organisation internationale qui plaide pour des solutions multilatérales à un certain nombre de problèmes d'environnement globaux. Elle plaide donc pour le renforcement de l'approche multilatérale. Greenpeace se réjouit déjà du fait que l'accord stipule que la Belgique encouragera le multilatéralisme. La conférence de l'OMC qui se tiendra au mois de septembre à Cancun, au Mexique, constitue un premier test pour voir si le gouvernement belge est disposé à faire passer ses propres intérêts après des intérêts de société plus vastes, comme le développement durable et la protection de l'environnement. Nous espérons que nos représentants belges à Cancun montreront clairement que la protection de l'environnement est plus importante que la chasse aux profits et le libre-échange, conclut Wendel Trio.